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Syndrome de l’imposteur : et si le problème n’était pas ton manque de légitimité ?

Comment avoir plus confiance en soi en vente ?

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Canelle

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8

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Plus le client est gros, plus la petite voix parle fort. Et si ce doute n’était pas la preuve que tu n’as rien à faire là, mais le signe qu’il est temps de changer de niveau ?

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« Le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas une maladie. C’est le signal que tu n’es pas en train de jouer ton jeu. » - Stéphanie Pfeiffer

Tu as un gros deal en face de toi. Le dirigeant que tu vas rencontrer fait ce métier depuis quinze ans, ta boîte en a deux, tu n’as pas encore cinquante logos à mettre sur une slide. Et pendant ta préparation, une petite voix commence à tourner : il va voir que je ne suis pas assez expérimenté. Pourquoi est-ce qu’il m’écouterait, moi ? Je vais me faire démasquer.

Bienvenue dans le syndrome de l’imposteur version commerciale.
Le réflexe, c’est de chercher à le faire disparaître. Chez JAB, on préfère commencer par comprendre ce qu’il essaie de te dire. Parce que ton problème n’est peut-être pas que tu manques de légitimité mais que tu cherches ta légitimité au mauvais endroit.

Dans cet épisode solo de Radio JAB, Steph décortique ce qui se joue derrière le syndrome de l’imposteur en vente et comment transformer ce doute en quelque chose de beaucoup plus utile : de l’action.

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur en vente ?

Le syndrome de l’imposteur en vente apparaît quand tu doutes de ta légitimité face à un prospect et que tu crains qu’il découvre que tu n’es pas aussi compétent, expérimenté ou crédible que tu le laisses penser.

Tout se passe plutôt bien, mais tu as l’impression qu’à n’importe quel moment quelqu’un peut soulever le tapis et découvrir la supercherie. Ta boîte est trop jeune, tu n’as pas assez de clients, ton prospect connaît mieux son industrie que toi ou tu n’as encore jamais signé un deal de cette taille. Et plus l’enjeu monte, plus la petite voix monte avec.

Le problème, c’est que quand on entend "syndrome", on commence immédiatement à chercher le traitement : comment ne plus douter ? Comment avoir confiance en moi ? Comment faire disparaître cette sensation ? Chez JAB, on prend le sujet autrement : et si ton syndrome de l’imposteur n’était pas quelque chose à faire disparaître, mais quelque chose à décoder ?

Pourquoi le syndrome de l’imposteur apparaît-il face à de gros clients ?

Le syndrome de l’imposteur apparaît souvent lorsque le niveau de challenge augmente : un plus gros client, un décideur plus senior, un panier moyen jamais atteint ou une situation que tu n’as encore jamais vécue.

Repense à la dernière fois que tu l’as ressenti. Est-ce que tu étais tranquillement en train de refaire pour la quinzième fois quelque chose que tu maîtrises parfaitement ? Probablement pas. Tu essayais peut-être de signer ton plus gros contrat, de vendre à un COMEX, d’entrer sur un nouveau marché, de défendre ta boîte devant des investisseurs ou de parler à quelqu’un qui a quinze ans d’expérience de plus que toi.
Bref : tu venais de changer de niveau de jeu.

Steph utilise une image qu’on aime bien chez JAB : le péage. Sur la départementale, tout va bien. Tu connais les virages, la vitesse, le trajet. C’est confortable. Puis tu veux prendre l’autoroute : ça va plus vite, ça t’emmène plus loin, mais il faut passer le péage.

L’inconfort peut être ce péage. Il ne prouve pas que tu n’as rien à faire là. Il peut simplement signaler que tu es en train de faire quelque chose que tu n’as pas encore suffisamment fait pour que ça te paraisse normal. La question n’est donc plus "comment ne plus jamais douter ?", mais " qu’est-ce que je fais de ce doute maintenant qu’il est là ?"

Comment se sentir légitime face à un client plus expérimenté ?

Pour gagner en légitimité commerciale face à un client plus expérimenté, arrête de penser que ta valeur repose sur le fait d’avoir toutes les réponses. Elle peut aussi reposer sur ta capacité à poser les bonnes questions.

C’est probablement le déplacement le plus important du sujet. Si toute ta valeur commerciale repose sur "je dois en savoir plus que mon prospect", tu es mal. Parce qu’un dirigeant qui travaille dans son industrie depuis quinze ans connaîtra probablement toujours mieux son métier que toi. Et heureusement.

Vendre, ce n’est pas passer un examen d’expertise devant ton prospect.
C’est réussir à le faire bouger : l’aider à regarder différemment une situation, faire émerger un problème qu’il banalise, quantifier quelque chose qu’il ressent mais ne mesure pas, challenger une conviction ou faire apparaître un angle mort.

Et pour ça, tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses. Tu dois savoir poser des questions qui méritent d’être posées. Ta légitimité commerciale ne vient donc pas seulement de ce que tu sais. Elle vient aussi de la qualité de la réflexion que tu provoques chez l’autre.

Peut-on vendre quand on a peu d’expérience ou peu de clients ?

Oui. Avoir peu d’expérience ou peu de clients n’empêche pas de vendre, à condition de ne pas construire toute sa crédibilité sur des preuves que l’on n’a pas encore.

Quand tu te sens peu légitime, tu vas naturellement chercher de la légitimité quelque part. Alors tu cites tes clients, les gens connus avec qui tu as travaillé, ton investisseur, ton partenaire, ton gros logo. Le fameux : "On travaille déjà avec X, Y et Z." Parfois, c’est utile. Parfois, c’est surtout un pansement

Dans l’épisode, Steph raconte le cas d’un client qui attaquait un nouveau marché.
Sur son secteur historique, il obtenait ses rendez-vous grâce à son expertise : il arrivait avec une conviction, un insight, quelque chose d’intéressant à raconter au décideur.
Tandis que sur son nouveau marché, où il avait beaucoup moins de références alors il a changé de stratégie et s'est mis au fameux name dropping. Pourquoi ? Parce que sa banque expertise lui semblait vide. Alors il retirait de l’argent sur son livret A crédibilité.

Le problème, c’est que tu sais très bien quand tu fais ça. Et ça nourrit exactement le doute que tu essaies de calmer.
Si tu manques de légitimité sur un marché, la question n’est donc pas seulement "quelles références puis-je citer ?", mais "quelle expertise dois-je construire pour avoir quelque chose d’intéressant à dire ?"

Comment construire sa légitimité commerciale ?

La légitimité commerciale se construit en développant son expertise, en accumulant des expériences et en se donnant des critères de progression concrets plutôt qu’en attendant de se sentir enfin légitime.

Parce que mauvaise nouvelle : personne ne va venir dans ton bureau un mardi matin avec une médaille. "Félicitations. Après vérification, tu es officiellement légitime. Tu peux désormais vendre sereinement." Ça n’arrivera pas. Alors au lieu d’attendre la sensation, construis les preuves.

1. Fais un reality check

On surestime énormément le temps que les autres passent à nous observer. Ton prospect peut te challenger pendant votre rendez-vous, puis il raccroche et passe à son prochain sujet. Pendant que toi, à 23h12 : "Pourquoi il a fait cette tête quand j’ai parlé du prix ?" La personne qui analyse le plus ta légitimité, c’est souvent toi.

2. Ajoute « encore » à ce que tu crois ne pas savoir faire

Pas le très facile "je suis nul en vente", mais "je ne suis pas encore bon en vente". Ça paraît petit, mais ça change complètement la suite. Parce que "je suis nul" est une identité. "Je ne suis pas encore assez bon" appelle une question : qu’est-ce qu’il faudrait pour que ça change ?

Combien de rendez-vous ? Combien d’appels ? Combien de fois dois-tu présenter ton prix ? Combien de deals de cette taille dois-tu travailler ? D’ici quand ? Et boum : ton syndrome de l’imposteur vient de se transformer en plan d’action.

3. Travaille ton expertise au lieu de maquiller son absence

Si ton doute révèle un vrai manque, tant mieux : tu viens de trouver ton prochain chantier. Tu ne connais pas assez ce marché ? Rencontre dix personnes qui y travaillent. Tu ne sais pas parler à des CFO ? Interviewe-les. Tu ne comprends pas assez les enjeux de ton prospect ? Travaille-les. Tu n’as jamais vendu un deal à 100K ? Analyse la mécanique nécessaire pour en vendre un.

Le syndrome de l’imposteur devient beaucoup plus utile quand tu arrêtes de lui demander "est-ce que je suis assez bon ?" et que tu lui demandes "qu’est-ce qu’il me manque concrètement ?"

Que répondre à un prospect qui remet en cause ta légitimité ?

Quand un prospect questionne ton expérience, la jeunesse de ton entreprise ou ta légitimité, commence par comprendre si son objection est réelle avant de te justifier.

Imagine : "Votre boîte existe seulement depuis deux ans ?"Ton cerveau entend immédiatement : ALERTE. IL A DÉCOUVERT LA FRAUDE. Alors tu pars. Tu expliques les fondateurs, les expériences précédentes, les clients, la roadmap, le financement et bientôt la météo du jour de la création de la boîte. Stop.

Il existe une autre réponse : "Oui. Est-ce que c’est un problème pour vous ?" puis silence, peut-être que non. Peut-être que la personne posait simplement la question. Et peut-être que oui. Dans ce cas, parfait : tu viens enfin de découvrir la vraie objection. Tu peux maintenant la traiter au lieu de te justifier contre quelque chose que ton prospect n’avait même pas dit.

Comment arrêter de se comparer aux autres commerciaux ou entrepreneurs ?

Pour réduire la comparaison, il faut construire sa propre singularité plutôt que chercher en permanence à devenir une meilleure version de ce que les autres font déjà.

LinkedIn n’aide pas beaucoup. Ton concurrent vient de lever, Machin a signé un énorme client, Truc poste son ARR et Bidule explique comment il a construit une machine commerciale incroyable en douze jours. Et toi, tu compares leurs résultats visibles à tous tes doutes invisibles. Excellent système…

Le problème de la comparaison, c’est qu’elle te pousse aussi à te conformer. Tu regardes ce qui marche chez les autres, tu reprends leurs codes, leurs discours, leurs méthodes, puis tu te demandes pourquoi rien ne semble vraiment t’appartenir.

Chez JAB, on préfère une autre question : qu’est-ce qui, dans tes expériences, tes convictions et ta manière de voir ton marché, te rend difficile à comparer ?

L’objectif n’est pas forcément d’être meilleur dans le jeu des autres. C’est de construire suffisamment ta singularité pour commencer à jouer le tien.

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur en vente ?

Pour dépasser le syndrome de l’imposteur en vente, ne cherche pas seulement à augmenter ta confiance : identifie ce qui déclenche ton doute, transforme les vrais manques en plan d’action et déplace ta valeur vers ce que tu peux réellement apporter au prospect.

La prochaine fois que la petite voix arrive avant un rendez-vous important, ne lui réponds pas immédiatement : "Mais si, je suis légitime."Pose-lui plutôt trois questions : qu’est-ce qui me fait douter précisément ? Est-ce un manque réel ou seulement la peur d’être jugé ? Si c’est un manque réel, qu’est-ce que je vais faire pour qu’il ne le soit plus dans trois mois ?

Et ensuite, va à ton rendez-vous. Parce que tu n’as pas besoin d’attendre de te sentir parfaitement légitime pour jouer au niveau supérieur. Parfois, l’inconfort est juste le péage.

Les questions qu’on nous pose sur le syndrome de l’imposteur en vente

Comment avoir plus confiance en soi en vente ?

La confiance commerciale ne se construit pas uniquement en essayant de se convaincre qu’on est compétent. Elle se construit aussi par l’action : répéter les situations difficiles, développer son expertise, préparer ses rendez-vous et accumuler des preuves que l’on sait gérer des situations qu’on trouvait auparavant inconfortables.

Comment être crédible face à un dirigeant plus expérimenté ?

Tu n’as pas besoin d’en savoir plus que lui sur son propre métier. Ta valeur peut être dans ta capacité à apporter un regard extérieur, poser des questions qu’il ne se pose plus, challenger certaines convictions et faire émerger des problèmes ou des angles morts qu’il banalise.

Que faire quand un client doute de mon expérience ?

Ne te justifie pas immédiatement. Clarifie d’abord ce qui l’inquiète réellement. Une question comme "Est-ce que notre manque d’ancienneté est un problème pour vous ?" permet de distinguer une simple remarque d’une véritable objection commerciale.

Le syndrome de l’imposteur est-il forcément un manque de confiance en soi ?

Pas forcément. Dans les situations commerciales décrites ici, il peut aussi apparaître lorsqu’on augmente son niveau de challenge : nouveau marché, plus gros client, décideur plus senior ou deal d’une taille encore jamais signée. L’important est de distinguer le doute lié à une situation nouvelle d’un manque réel de compétence à travailler.

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