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« C'est trop cher » : le problème de prix, c'est eux ou c'est toi ?
La remise que tu accordes ne vient pas du marché. Elle vient de ce que toi, tu trouves cher.

Auteur
JAB
Date de publication
Temps de lecture
7 minutes
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Tu envoies un devis à 18 000 euros. Le prospect fait une grimace au téléphone. Et avant même qu'il ait formulé une demande, tu entends ta propre voix dire : « après, on peut voir, il y a de la marge de manœuvre ».
Personne ne t'a rien demandé. Tu viens d'offrir dix pour cent à quelqu'un qui n'avait fait qu'une grimace.
Ce réflexe a une origine, et elle n'est pas commerciale.
En bref
Le seuil est le tien. Le montant à partir duquel « ça devient cher » est calibré sur tes habitudes personnelles d'achat, pas sur l'économie de ton offre.
Une remise spontanée est un aveu. Elle dit au prospect que le premier prix n'était pas justifié. À partir de là, vous ne parlez plus de son problème, vous négociez.
Quantifier avant d'annoncer. Tant que le client n'a pas chiffré ce que son problème lui coûte, il compare ton devis à zéro.
Répondre à l'objection prix se fait en quatre temps : baisser la résistance, retourner la question, monétiser le problème, vendre la valeur. L'ordre compte plus que les mots.
Ton seuil, pas le sien
Il existe un montant à partir duquel, pour toi, ça devient cher. Ce seuil n'a rien à voir avec l'économie de ton offre. Il est calibré sur tes habitudes personnelles d'achat.
Si tu trouves que huit cents euros est une grosse somme quand tu achètes pour toi, tu défendras mal un devis à cinq chiffres. Pas parce que ton offre ne les vaut pas, mais parce qu'au moment de prononcer le nombre, une partie de toi trouve ça énorme. Et ça s'entend.
Ce n'est pas une théorie de coach, c'est mesuré. 26 % des commerciaux les moins performants cherchent systématiquement le prix le plus bas quand ils achètent pour eux-mêmes. Ils projettent ensuite ce comportement sur leurs prospects, et croient que tout le monde décide comme eux.
Chez JAB, ça porte un nom : le rapport à l'argent. C'est l'un des huit freins psychologiques, et c'est celui dont le coût se mesure le plus vite, parce qu'il se lit directement sur ta marge.
Le test est court. Sur tes trois dernières remises, réponds honnêtement : le client l'a-t-il demandée explicitement, ou l'as-tu proposée ?
Pourquoi une remise spontanée détruit la valeur que tu as construite
Une remise spontanée n'est pas un geste commercial. C'est un aveu.
Tu affirmes, par ton geste, que le prix que tu venais d'annoncer n'était pas justifié. Donc que tu le savais en l'annonçant. Ton prospect ne se dit pas « quelle belle attention ». Il se dit « donc le premier prix était gonflé, jusqu'où ça descend ».
À partir de là, la conversation a changé de nature. Vous ne parlez plus de son problème, vous négociez. Et le basculement est sans retour : dès l'instant où le prix devient ton levier d'engagement, toute la valeur que tu avais construite est neutralisée, et chaque remise l'érode un peu plus.
Briser l'équilibre avant d'attaquer
Dans les sports de combat au sol, il y a un principe qui passe avant tout le reste : briser l'équilibre de l'adversaire. Tant qu'il a une base solide, aucune attaque ne passe. Ce n'est pas une question de force, c'est une question de séquence.
Ton prospect confortablement installé dans son statu quo est un adversaire en équilibre. Il n'a aucune raison de bouger. Aucun prix ne lui paraîtra raisonnable, parce qu'il compare ton devis à zéro : ne rien faire ne lui coûte rien, dans sa tête.
Briser l'équilibre, en vente, ça s'appelle la quantification. Faire chiffrer le coût du problème par le client lui-même. Tant que tu ne l'as pas fait, tu annonces un prix contre du vide.
Concrètement. Tu vends un accompagnement à 30 000 et le problème du client lui coûte 300 000 par an. La conversation change de terrain : 30 000, ça paraît beaucoup dans l'absolu, mais est-ce que ça paraît cohérent d'investir 30 000 sur un problème à 300 000 ? Tu peux poser cette question avec une sincérité totale, parce que le chiffre de 300 000, ce n'est pas toi qui l'as sorti, c'est lui.
Et ça suppose d'avoir fait les étapes d'avant. Si tu n'as pas mené une découverte qui tient, tu n'as rien à quantifier, donc rien pour tenir ton prix.
Comment répondre à l'objection prix en quatre temps
Quand « c'est trop cher » tombe, l'ordre compte plus que les mots.
1. Baisser la résistance. « Je comprends. » Point. Tu n'argumentes pas, tu n'expliques pas encore. Tu accuses réception et tu laisses le sujet de côté une minute. Argumenter tout de suite installe le prix comme thème central du rendez-vous.
2. Retourner la question. « Je comprends, mais pourquoi ça semble très important pour vous, le prix ? » Puis une phrase qui rassure sans rien céder : « nos prix, on va pouvoir les ajuster en fonction des enjeux, parce que tout le monde n'a pas les mêmes. » Tu n'as rien promis. Tu as rouvert la conversation sur les enjeux.
3. Monétiser le problème. Combien ça coûte aujourd'hui, en euros, en temps perdu, en affaires ratées, en turnover. C'est là que la valeur apparaît, et elle apparaît dans sa bouche à lui, pas dans ta présentation.
4. Vendre la valeur. Une seule question : pour résoudre correctement un problème de cet ordre, êtes-vous prêt à investir un peu plus avec nous ? Si oui, la remarque sur le prix est derrière vous. Si non, tu apprends quelque chose d'utile : est-ce qu'il achète toujours comme ça, ou seulement cette fois.
Défendre son prix ne fait pas de toi quelqu'un de désagréable
C'est la peur qui bloque : si je tiens, je passe pour un vendeur rigide et je perds l'affaire.
L'expérience dit l'inverse. Prends une négociation banale : le client explique qu'il n'a pas l'habitude de sortir autant d'argent, le commercial enchaîne aussitôt sur un compromis à l'avantage du client. Ce moment-là aurait dû servir à poser une question sur le problème, pas à couper la poire en deux. Le client ne va pas te trouver fou de proposer ce prix-là. Il va peut-être même te respecter davantage.
Tu n'es pas là pour être aimé. Tu es là pour te faire respecter. Le prix est le premier endroit où ça se joue, et c'est aussi celui où ça se voit le plus vite : tes marges sont un indicateur de posture avant d'être un indicateur de marché.
Ce que tu fais lundi matin
Reprends tes trois dernières remises. Note pour chacune si elle a été demandée ou offerte. Le total te dit d'où vient ton problème de prix.
Sur ton prochain rendez-vous, interdis-toi d'annoncer un chiffre tant que le client n'a pas mis un montant sur ce que son problème lui coûte.
Annonce ton prochain prix et tais-toi. Pas de justification, pas de « après on peut voir ». Compte trois secondes de silence avant de dire quoi que ce soit d'autre.
Questions fréquentes
Que répondre quand un client dit « c'est trop cher » ?
Ne défends pas ton prix tout de suite. Accuse réception, puis pose une question : pourquoi le prix semble important pour vous. Tu baisses la résistance et tu récupères la conversation.
Faut-il annoncer son prix en début ou en fin de rendez-vous ?
Après avoir quantifié le coût du problème, jamais avant. Un prix annoncé avant que le client ait chiffré ce que son problème lui coûte est un nombre sans référence, donc il paraît toujours élevé.
Comment savoir si mon problème de prix vient de moi ?
Regarde comment tu achètes. Si tu compares systématiquement et si tu trouves que quelques centaines d'euros sont une grosse somme, tu projettes ce comportement sur tes prospects.
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