JAB

Pourquoi tes commerciaux ne prospectent pas : 7 vraies raisons, aucune n'est le marché

Sept raisons racontées par ceux qui les ont traversées. Aucune n'est le marché.

Auteur

JAB

Date de publication

Temps de lecture

8

Partager cet article

N'hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux pour en faire profiter votre entourage !

Aimé faisait un rendez-vous par mois avec 120 syndics clients. Trois mois plus tard, six par semaine. Le marché n'avait pas bougé. Et avant d'aller plus loin : écoute l'épisode de Radio JAB. Écouter l'épisode de Radio JAB

newsletter

une semaine, un jab

Ces sujets te parlent ?
Reçois chaque nouvel article directement dans ta boîte mail.

« J'appelais les gens qui m'avaient déjà envoyé trois mails, qui avaient essayé de me joindre. Je les rappelais, tu vois. Mais un inconnu, je ne l'appelais pas. » Aimé de La Villejégu, fondateur de mondeviscopro.fr

Le pipe est vide, le trimestre s'annonce mal, et en revue de pipe tu entends toujours la même chose : le marché est dur, les décideurs sont sursollicités, plus personne ne décroche, il nous faudrait de meilleurs leads. Sauf que dans la même équipe, sur le même marché, avec le même CRM, il y en a un ou deux dont le pipe se remplit chaque semaine.

Aimé, lui, n'avait pas d'équipe à accuser. En décembre 2025, il venait de boucler sa levée de fonds, 120 syndics dont Foncia et Citya lui faisaient confiance, et il faisait un rendez-vous par mois. Trois mois plus tard, il est entre quatre et six rendez-vous par semaine et son MRR est passé de 10 K à 21 K. Ce qui a changé, c'est ce qui se passait au moment de composer le numéro.

La question n'est pas « pourquoi le marché ne répond pas », mais « pourquoi mes commerciaux ne composent pas ». On voit sept raisons revenir, et aucune n'est le marché.

Le manager ne tient pas le standard, et la prospection saute en premier

La première raison est la plus inconfortable pour celui qui lit, parce que c'est la sienne. Sans exigence hebdomadaire, chiffrée, connue de tous, la prospection est la seule tâche de la semaine dont l'absence ne se voit pas tout de suite.

Regarde comment ça se passe un mardi chez JAB, Aimé le raconte mieux que nous. Une pièce, vingt ou trente noms sur une liste, une heure, et la consigne de décrocher : pas d'écrit, pas de mail de suivi. Dès que quelqu'un prend un rendez-vous, il lève le bras, et un bâton s'ajoute à côté de son nom sur le tableau. À sa première session, il finit l'heure avec trois rendez-vous. Les semaines où il n'a pas ses rendez-vous, il se refait une session seul, parce qu'il sait que son coach va lui demander des comptes.

Maud, cofondatrice de La Grande Serre, le dit avec ses mots : ce que le coaching apporte, ce sont des rendez-vous réguliers et quelqu'un d'extérieur à ta structure qui te demande des comptes. Ce n'est pas une technique d'appel, c'est un standard tenu par quelqu'un. Si personne ne le tient chez toi, les six raisons qui suivent ont le champ libre.

La peur du rejet et le besoin d'approbation, deux peurs très polies

La deuxième raison, c'est le non vécu comme un non à soi. Aimé a une image pour ça. Pendant une session d'appels, tout se passe bien, puis quelqu'un lui demande ce qu'il fait, écoute, et lui répond que ça ne sert à rien, qu'il le fait déjà. « Quand tu te prends cette porte, le soir, tu rentres te coucher en position foetale. »

François de Fitte, cofondateur de Basalt, a reçu la version grand format : un CTO de grand groupe qui le démonte phrase après phrase, une semaine à s'en remettre. Quelques jours plus tard, il publie un post LinkedIn, et le même homme le like avec un commentaire amusant. Ce que François en garde : le premier truc qui te bloque en vente, c'est la peur de te prendre une porte, et la porte n'était pas si grosse. Ce que le prospect rejette, c'est un appel non sollicité à un mauvais moment, pas une personne. Mieux vaut perdre vite : un non au téléphone, c'est du temps rendu.

La troisième raison, le besoin d'approbation, est le plus grave des huit freins qu'on travaille chez JAB, et il se cache dans des détails charmants. Aimé, avant, quand il décrochait un rendez-vous avec un syndic, ne voulait pas déranger : « Je vous mets 20 minutes, ça va ? 15 minutes ? » Aujourd'hui il demande une heure à des gens qui reçoivent 350 mails par jour, et ils la lui donnent, parce qu'ils comprennent au téléphone qu'il est là pour régler leur problème. Ils le font entrer chez eux.

La croyance derrière, c'est « pour m'acheter, mon prospect doit m'apprécier ». Steph le redit dans l'épisode sur la conquête : on ne t'achète pas parce qu'on t'aime bien, on t'achète parce qu'on te trouve expert. Vise le respect, jamais l'affection.

Les évitements qui ressemblent à des choix

Quatrième raison, la réticence à l'appel, maquillée en position de principe. « Le cold call, c'est mort. » « Je préfère le social selling. » Aimé avait lu tout ça : le lead entrant, les notes vocales LinkedIn, les podcasts, plein de techniques pour ne pas appeler. Sauf que sa cible ne se laissait pas capter comme ça. Et le jour où il se retrouve dans une simulation d'appel, il comprend qu'il tournait autour du pot. Pourquoi ? « Parce que tu as peur, en fait. Tu as peur d'appeler. »

Perrine, cofondatrice de La Grande Serre, va plus loin. Quand les gens disent « je n'aime pas appeler », elle pense qu'ils se trompent de problème. Ce qu'on n'aime pas, c'est le médium, et même pas : ce qu'on a, c'est peur d'avoir une mauvaise conversation. Elle le résume en une phrase qui tient sur un post-it : « Le téléphone, je déteste le téléphone. Et j'adore le cold calling. »

Cinquième raison, le perfectionnisme. Tu reconnais le refrain : si je gère mal l'appel je n'oserai plus les rappeler, donc j'attends d'être prêt. Le script n'est pas fini, le ciblage non plus, et ils ne le seront jamais. Aimé a essayé une variante : il avait honte d'avoir peur, ses copains entrepreneurs n'avaient pas l'air d'en avoir, alors il les imitait et calait un texte qui n'était pas lui. Sauf qu'un appel, ça improvise, et ça capotait. Le perfectionnisme ressemble à du professionnalisme. Il produit le même résultat que la paresse, zéro appel, avec la conscience tranquille en plus.

L'agenda plein et le « personne ne répond »

Sixième raison, la fausse gestion du temps : du temps pour tout, sauf pour prospecter. Aimé le dit sans détour, il gérait des tâches derrière lesquelles il pouvait se cacher, parce que c'est rassurant d'être derrière son ordi à répondre à des mails. Il y a une version plus vicieuse, celle de Tristan Thommen, fondateur de Koncile. Lui appelait, et beaucoup : jusqu'à huit heures par jour dans une phone box, à traiter les demandes entrantes. Sa conclusion après trois ans : « Ça fait trois ans que je fais ça, mais je sais pas vendre. » Son process de vente était un process d'achat. Une journée pleine de calls entrants donne bonne conscience, ce n'est pas une journée de prospection.

Septième raison, « personne ne répond ». Celle-là est une croyance limitante, pas un constat : elle s'énonce comme un fait, dans mon secteur, à cette heure-là, ça ne marche pas. Aimé en rit aujourd'hui, chaque entrepreneur qui arrive chez JAB dit « moi, c'est un peu particulier », et lui vendait à des syndics de copropriété débordés, sollicités de partout. Ce sont ces gens-là qui lui donnent une heure. Maud pose la règle : évite la facilité du « j'essaye une fois, ça me fait peur, donc je n'y vais plus ». Celui qui s'arrête après trois tentatives ne sait pas si son marché répond, il sait qu'il a arrêté avant.

Six raisons sur sept sont la même chose, et on la traverse

Relis la liste. Peur du rejet, besoin d'approbation, réticence à l'appel, perfectionnisme, faux emploi du temps, fausse statistique : six déguisements d'un même inconfort qu'on évite. La septième, le manager, est celle qui laisse les six autres prospérer. Une formation aux techniques d'appel n'y change rien : les freins neutralisent les compétences. Et les freins se nourrissent entre eux : la peur du rejet alimente la réticence à l'appel, qui alimente la croyance que ça ne marche pas dans ton secteur, qui justifie l'évitement, qui confirme la croyance. On ne sort pas de cette boucle en la contournant avec un outil de séquences. On en sort en la traversant.

François de Fitte et Guillaume Marquis, de Basalt, faisaient entre trois et cinq nouveaux rendez-vous par semaine à l'arrivée de leur coach. Le premier rendez-vous n'a pas porté sur la technique : François disait qu'il devait juste s'y mettre, on lui a demandé ce qui l'en empêchait, puis on lui a dit que peut-être il n'avait pas assez envie de réussir, et qu'il pouvait aussi choper un job plus tranquille. Horrible sur le moment, dit-il, et le bon déclencheur. Il n'y a pas eu de déclic ensuite, plutôt des barrières levées une à une. « Tu l'essayes une fois et après tu te dis, ça passe. » Aujourd'hui, Basalt est à vingt rendez-vous par semaine.

C'est la logique de toute traversée : réduire la taille du geste (composer, pas signer), s'attendre à une résistance normale, repartir à neuf après un mauvais appel pour que le rejet de 10h04 ne contamine pas l'appel de 10h06, et parler lentement, en assumant le dérangement. Imposer cent appels par jour à quelqu'un qui évite le téléphone aggrave son frein ; lui faire lever le bras dans une pièce où les autres le font aussi, le traite. Et la peur ne disparaît pas. Aimé est clair, elle existe encore à chaque appel. Elle ne décide plus de l'agenda.

Le volume, c'est le compteur

Quand on demande à Perrine et Maud d'où vient leur performance, elles ne parlent ni de talent ni de méthode secrète. « Je ne pense pas qu'il y ait des gens tellement plus intelligents que d'autres. C'est juste : est-ce que tu vas mettre du volume dans ton travail ? » À La Grande Serre, le nombre de rendez-vous par semaine est, selon Perrine, délirant par rapport aux concurrents.

C'est ce qu'on appelle rester en conquête, et ce n'est pas un état d'âme, c'est un compteur. Aimé a un cycle de vente long et des jours de doute ; ce qu'on lui a dit chez JAB tient en une règle de trois : si tu prends dix fois plus de rendez-vous, tu gagneras dix fois plus, peut-être huit, peut-être douze. Le jour où tu ralentis le volume, tu ne le sens pas tout de suite. Tu le sens trois mois plus tard, quand le pipe est vide.

Qu'est-ce que tu peux faire dès aujourd'hui ?

Prends la liste de tes commerciaux qui ne prospectent pas de façon régulière et, pour chacun, note laquelle des sept raisons est la sienne, une seule, la dominante. Puis pose un standard hebdomadaire, un chiffre d'appels que tu tiendras, pas un chiffre qui impressionne, et annonce-le.

Ensuite, bloque une heure cette semaine, vingt noms par personne, tout le monde dans la même pièce, toi compris, et on lève le bras à chaque rendez-vous pris. Quand quelqu'un n'a pas appelé, la conversation utile n'est pas « revoyons ton accroche », c'est « qu'est-ce qui s'est passé au moment de composer ? ». La réponse, c'est le frein. Le reste, c'est de la compétence qu'il a déjà. Et une question pour toi, avant celle que tu poseras à ton équipe : chez toi, la prospection est-elle inévitable, ou optionnelle ?

Les questions qu'on nous pose

Pourquoi mes commerciaux ne prospectent pas alors qu'ils savent le faire ?

Parce que savoir et faire ne sont pas bloqués par la même chose. Ce n'est pas une compétence qui manque, c'est un frein qui la neutralise : peur du rejet, besoin d'approbation, croyances limitantes. Une formation de plus ajoute de la compétence à une compétence déjà là, elle ne touche pas le frein.

Le cold call est-il mort ?

Non, il est devenu plus exigeant. Ce qui est mort, c'est l'appel récité à un fichier non qualifié. Un appel préparé, adressé au bon décideur, qui ouvre sur un problème, continue de produire des rendez-vous, y compris chez des cibles qui reçoivent 350 mails par jour.

Comment traiter la peur du rejet chez un commercial ?

Par une exposition volontaire et progressive, jamais par un volume imposé. On réduit la taille du geste, on s'attend à une résistance normale, on repart à neuf entre deux appels, puis on travaille la posture. Une session collective où chacun prend des rendez-vous devant les autres fait plus qu'un script.

À lire aussi sur le sujet

Partager cet article

N'hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux pour en faire profiter votre entourage !

Retour à l'accueil

newsletter

Ne ratez rien

Recevez chaque nouvel épisode directement dans votre boîte mail.