Stéphanie Pfeiffer

Vendre en période de crise : rester en conquête | Radio JAB #85

On dit que c'est la crise, que le monde ralentit... et si c'était ton meilleur terrain de jeu ? Un épisode sur le leadership en contexte incertain.

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Stéphanie Pfeiffer

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24 min d'écoute

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La première vente, c'est celle que tu te fais à toi-même.

Les budgets sont coupés. Les décisions traînent. Et quelque part entre deux relances sans réponse, tu as commencé à accepter l'idée que « le monde en ce moment, c'est pas ouf ». Cet épisode de Radio JAB vient challenger exactement ça : et si le contexte difficile n'était pas une excuse, mais le signal d'une opportunité ? Steph ne te vend pas de la pensée positive. Elle te donne des clés concrètes pour rester en conquête quand tout le monde autour de toi te dit stop.

Ce qu'on aborde dans cet épisode :

  • Pourquoi le vrai sujet n'est pas la crise, mais ton leadership

  • La première vente : celle que tu te fais à toi-même, et comment la nourrir chaque jour

  • Le shift qui change tout : vendre, ce n'est pas placer un produit, c'est aider quelqu'un à changer

  • Le piège du besoin d'approbation, ce frein qui tue ta vente quand les temps sont durs

  • Pourquoi les gens sérieux détectent les opportunités, même quand ce n'est « pas le bon moment »

  • Garder ses objectifs en tête, mais rester focus sur le process

La première vente, c'est celle que tu te fais à toi-même

Quand tu pars en conquête, le monde ne t'accueille pas avec un « tu tombes bien, c'est exactement mon problème urgent de la semaine ». Ce qu'on te renvoie, c'est plutôt une pile de problèmes qui peuvent tous attendre. Si tu n'as pas forgé la conviction intime que c'est faux, que tu peux aider cette personne et que tu dois le faire, rien ne tiendra.

Cette confiance ne se fabrique pas avec un mantra devant le miroir. Un « je suis la meilleure » répété tous les matins, c'est un ballon gonflé à l'hélium : une aiguille, et finito la confiance. Il te faut des raisons d'y croire, et tu dois les cultiver tous les jours. Deux pistes concrètes tirées de l'épisode.

Parle des problèmes des gens, pas de tes solutions

Dès que tu glisses sur le terrain du « je te présente ce que je fais », la conversation reste en surface et tu finis comparé à un concurrent qui aurait « une meilleure feature ». Retourne le cadre : parle des frustrations et des problèmes que tu résous. L'autre s'ouvre, se reconnaît, raconte. Et toi, tu accumules la preuve qu'il y a plein de gens qui ont les problèmes sur lesquels tu es compétent.

Donne-toi des preuves que ça marche

Chez JAB, il y a un mur avec les photos de tous les alumni. De temps en temps, un coup de fil, un texto, une prise de nouvelles. La semaine dernière, une ancienne cliente a répondu : « Grâce à vous, mon salaire a doublé en 2 ans. » Ce genre de message te remet instantanément dans le bon état d'esprit : ce que je fais aide vraiment des gens.

Toi aussi, designe ton environnement pour voir tes réussites. Rappelle des clients que tu n'as pas vus depuis deux ans. Crée des rituels de célébration, comme le Celebrate hebdomadaire de JAB où chacun passe au centre du cercle et célèbre une victoire ou un apprentissage. La confiance se nourrit de preuves, pas d'affirmations.

Vendre, c'est aider : décentre-toi

Une fois cette confiance construite, changement de registre. En boxe, le miroir c'est pour l'entraînement : quand tu montes sur le ring, tu ne penses plus à ta technique, tu penses à ton match. En vente, c'est pareil. En rendez-vous, ce n'est plus à propos de toi. C'est à propos de la personne en face.

Vendre, ce n'est pas placer un produit ou gonfler ta prise de commande. C'est aider une personne à résoudre ses problèmes. Tant que tu restes focus sur toi, ton produit, tes chiffres, tu t'offres des négociations désagréables et l'impression de forcer. Personne n'a envie d'être ce relou qui répète « alors, tu as signé mon devis ? ».

L'exercice proposé dans l'épisode est simple mais pas facile : traque ton discours intérieur. À chaque fois qu'une pensée commence par « je », remplace-la par une question sur l'autre.

  • « Je veux qu'il signe mon devis » devient « je veux commencer à bosser pour lui et changer sa situation »

  • « Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? » devient « qu'est-ce que je vais découvrir sur son business ? »

  • « J'ai peur de déranger » devient « je vais lui offrir une heure de conversation qui lui montre ses angles morts »

Et retiens ce shift, surtout en période tendue : quand c'est difficile, les gens ont encore plus besoin de toi. Quand tout va bien, tout le monde avance sans aide. Quand ça se crispe, les freins s'accumulent et ils sont durs à lever seul. Plus c'est dur, plus tu as de monde à aider.

Aider ne veut pas dire chercher l'approbation

Nuance importante de l'épisode : être centré sur les problèmes de l'autre, ce n'est pas être centré sur ce que l'autre pense de toi. Quand le contexte est incertain, la tentation est forte de se raccrocher à la relation : « il m'aime bien, il va trouver un budget ». Non. Le besoin d'approbation tue ta vente. Tu peux être la personne la plus sympathique du monde, on ne t'achète pas pour ça. On t'achète parce qu'on te trouve expert et qu'on pense que tu vas résoudre le problème. Centre-toi sur les problèmes de la personne, pas sur sa personne.

Les gens sérieux reconnaissent les opportunités

Dans les périodes incertaines, la peur du rejet grimpe et on accepte trop vite le « c'est pas le bon moment ». Reprogramme-toi : les gens sérieux savent détecter les vraies opportunités business. Quand ils croisent quelqu'un de talentueux, ils le gardent près d'eux, même sans fit immédiat.

Ta responsabilité, c'est de te présenter comme cette personne-là : une experte qui apporte de la valeur dans la conversation. Et mène l'enquête : qui sont les gens sérieux avec qui tu veux construire ? Vise les dirigeants, ceux qui tiennent les manettes stratégiques, parce que ce sont eux qui reconnaissent les gens qui leur apportent du bon business. Si tu gagnes ces clients-là quand le contexte est difficile, imagine ce que vous ferez quand tout ira bien.

Garde tes objectifs, reste focus sur le process

Dernière clé, la plus contre-intuitive pour une maison qui aime la performance : en période de tension, tes objectifs peuvent te crisper. Garde-les en tête, c'est ton étoile du berger. Mais ton focus quotidien doit porter sur le process : est-ce que je suis dans les bonnes actions ? Est-ce que ce que je fais chaque jour m'énergise et me fait progresser ?

Si les résultats ne payent pas encore, mais que tu as confiance dans ton niveau d'action, tiens bon : les bonnes actions finissent par payer, et le brouillard se dissipe. Et si tu traverses une période compliquée, c'est la première chose à questionner. Pas « pourquoi je n'ai pas les résultats », mais « est-ce que je suis dans les bonnes actions ».

Un mindset pour la vie, pas un tool kit de crise

Lors d'un Celebrate récent, une cliente qui venait de lancer sa boîte n'a pas célébré un chiffre d'affaires. Elle a célébré le fait de se rapprocher de la personne qu'elle aspire à être. C'est exactement l'enjeu : la confiance est facile quand tout va bien. C'est dans les moments difficiles que tu forges la personne que tu seras quand le vent tournera. Tu ne construis pas un kit de survie pour temps de crise, tu construis un mindset pour la vie.

Les questions qu'on nous pose

Comment rester motivé quand les budgets sont coupés ?

En travaillant ta confiance avec des preuves, pas des mantras : reparle à d'anciens clients, célèbre tes victoires chaque semaine, et souviens-toi que quand c'est difficile, tes prospects ont encore plus besoin d'aide qu'avant.

Comment vendre sans passer pour un forceur ?

Change de cadre : un deal, c'est une occasion d'aider quelqu'un. Remplace chaque pensée qui commence par « je » par une question sur ton interlocuteur. Tu ne places pas un produit, tu aides une personne à changer.

Faut-il revoir ses objectifs à la baisse quand le marché ralentit ?

Ce n'est pas la question posée par l'épisode. Garde tes objectifs comme cap, mais juge-toi sur ton niveau d'action : les bonnes actions, répétées avec confiance, finissent par payer même quand les résultats tardent.

À lire aussi sur le sujet

Et si cet épisode t'a remis en mouvement, enchaîne avec l'épisode 77 de Radio JAB : « Réveille ton pouvoir d'agir ».

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