Stéphanie Pfeiffer
Se fixer des objectifs annuels : stop aux résolutions | Radio JAB #1
Steph et Sarah démontent les résolutions et déroulent les 4 étapes : fixer, planifier, se tenir responsable, célébrer.

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« Cette année, je te propose d'arrêter enfin les résolutions. Tu vas les remplacer par des objectifs. » Stéphanie Pfeiffer
Chaque début d'année, même scénario. Tu écris une liste : arrêter ça, commencer ça, te lever à 5h. Deux semaines plus tard la liste a disparu, et il te reste le sentiment d'avoir échoué sur un truc que tu n'avais même pas vraiment décidé. Dans ce tout premier épisode de Radio JAB, Steph et Sarah prennent le problème dans l'autre sens. Quatre étapes, dans l'ordre : fixer, planifier, se tenir responsable, célébrer.
Ce qu'on aborde dans cet épisode :
La différence concrète entre une résolution et un objectif
Ce qui fait un bon objectif : du sens, du tangible, une date, de l'ambition
Pourquoi tu l'écris à la main, et pourquoi tu le réécris tout le mois de janvier
L'exercice du x10, celui qui a fait exploser un atelier du Big JAB
Le plan d'action massif et ton taux de sûreté
Le Celebrate : ce que les petites victoires font à ton cerveau
Une résolution reste une intention. Un objectif entre dans ta semaine
La résolution, c'est l'intention que tu portes dans ton coeur. Elle est sincère, et elle ne se traduit jamais dans ta routine quotidienne. C'est exactement là que ça casse. Une intention qui compte vraiment finit par devenir un objectif ; les autres s'empilent, et comme tu n'as jamais décidé pourquoi tu voulais les tenir, tu ne les tiendras pas.
L'autre piège de la liste d'intentions, c'est qu'elle te fait voir ta dream life d'un coup, sans aucune structure pour y aller. Pas de vision claire, pas de plan derrière : le découragement arrive très vite.
C'est quoi un bon objectif
Quatre critères reviennent avant même de parler de méthode.
Du sens. Assez important pour que tu refuses de le laisser passer, lié à ton identité ou à un de tes rêves.
Du tangible. Pas forcément un chiffre, mais il doit être clair que tu l'as atteint ou pas. Le chiffre d'affaires, c'est facile ; devenir expert reconnu sur un sujet, c'est plus dur, et on y revient plus bas.
Une date. Sur une année, c'est le 31 décembre. Sur six mois, c'est autre chose.
De l'ambition. Le fameux test des papillons dans le ventre : un peu stressé, très excité. Si ça ne te fait rien, c'est que tu écris l'objectif que la société a pour toi, pas le tien.
Derrière, le cadre SMART fait le boulot : spécifique, mesurable, atteignable (et ambitieux), réaliste, et un timing accroché à l'objectif. Sur ce dernier point, Tony Robbins parle de compresser des années en jours. L'idée, c'est de donner le ton au lieu de monter en puissance : si tu cherches à atteindre en six mois ce que tu voyais en douze, le niveau d'action que tu vas mobiliser rend l'objectif d'un an quasi certain.
Et si tu n'as pas de grand rêve ?
Tu n'as pas besoin d'un but ultime dans la vie. Steph raconte l'entrepreneur américain qui a bâti Quest Nutrition, encaissé plusieurs centaines de millions, puis monté le studio Impact Theory, sa vraie passion depuis le début. Son conseil : tu n'as pas besoin de démarrer passionné. Tu cherches un spark of interest, une étincelle d'intérêt, et tu tires sur le fil.
Deux exercices pour amorcer. Note tes niveaux d'énergie pendant une semaine et regarde ce qui t'en donne. Puis, façon Desire Map de Daniel Laporte, pars de ce que tu as envie de ressentir, énergisée, joyeuse, zen, en feu, et croise avec les activités qui te font déjà ressentir ça. Tu obtiens des embryons d'objectifs.
Écrire, réécrire, et ne pas taper
Un objectif s'écrit. À la main, sur un carnet, parce que la connexion entre ta main et ton cerveau est bien plus profonde quand tu écris de manière manuscrite. Et pas une fois : tu le réécris, sans relire ce que tu as écrit avant. Semaine après semaine, certaines choses reviennent et se consolident, d'autres disparaissent. C'est le travail de tout le mois de janvier, pas d'une session d'une heure.
Autre effet : plus tu écris un objectif, moins il t'intimide, et plus tu peux l'augmenter.
Pour ne pas rester coincé sur le business, l'épisode propose des catégories : perso, santé, carrière et business, finance, relations et famille. Et commence par un retour en arrière, façon A Decade in Review de Marie Forleo : tes victoires, tes erreurs, ce que tu en as appris, et ce que ça veut dire pour la suite. C'est en faisant ce bilan que Sarah a vu un angle mort invisible depuis l'année suivante : ses relations avec ses meilleurs amis, devenues un objectif à part entière.
Le x10 : l'atelier qui explose en vol
Un mardi, au Big JAB, la salle est pleine d'entrepreneurs. Les objectifs sont posés, les plans sont scellés. Et là, Sarah fout tout en l'air : et si ton objectif, c'était dix fois ce que tu viens d'écrire ? La règle vient du livre The 10x Rule. Dans la salle, c'est le drame.
Un exemple concret. Un million de chiffre d'affaires dans l'année, ça fait 100 000 euros par mois, et pour ce gars-là, dix rendez-vous par semaine. Faire x10, c'est cent rendez-vous par semaine. Il la regarde comme si elle était folle. Sauf que la question n'est pas là : entre dix et cent, qu'est-ce que tu peux faire ? Tu pourrais peut-être en faire douze. Et si ta vie dépendait de ces cent rendez-vous, qu'est-ce que tu déploierais que tu n'as pas envisagé ?
Le but n'est pas de te rendre mégalomane : te mettre dans un univers d'impossibilité déploie ta créativité, même si tu n'as que dix rendez-vous à prendre.
Et si ton objectif n'est pas chiffrable ? Prends quelqu'un qui veut devenir expert de la table en bois massif. Un expert, ça donne des conférences, des cours dans des écoles. Laquelle, dans tes rêves ? École Boulle. Maintenant dix fois ça : toutes les écoles équivalentes d'Europe. Les objectifs diffus, ça n'existe pas : on peut toujours leur raccrocher des choses concrètes.
Le plan : massif, et calculé sur ton taux de sûreté
Le plan vient après les objectifs, jamais avant. Sinon tu pars des contraintes et tu t'interdis de rêver : on fait toujours le comment avant le pourquoi.
Une fois l'objectif posé, tu découpes en actions, et tu vises un plan d'action massif : plus d'actions que ce que tu aurais imaginé. En vente, on raisonne en taux de conversion. Ici, ce qui compte n'est pas ton taux réel mais ton taux de sûreté : pas « combien de rendez-vous me donnent un deal en moyenne », mais « combien me rendent certaine d'en signer un ». Dix ? Ou plutôt vingt ?
Deux types d'actions cohabitent dans un bon plan : les cases à cocher, et les actions récurrentes, comme te bloquer trente minutes toutes les semaines. Garde de la souplesse : être trop militaire, trop à la lettre, ça dessert plus que ça n'aide. La bonne question de fin de journée est celle de l'entrepreneur cité plus haut : est-ce que j'ai fait un pas, même minuscule, vers la personne que je veux être ?
Se tenir responsable, et ne pas commencer seul
Le plan sur le papier, c'est la partie facile. Ensuite il faut passer à l'action, et c'est là que ça coince. D'où l'accountability : quel mécanisme tu mets en place pour rester in charge ?
La science donne un argument. Le docteur Huberman, qui dirige un laboratoire de neurosciences à Stanford, a mené une expérience avec des souris placées chacune à un bout d'un tube, en compétition pour pousser l'autre dehors. La gagnante de la première manche a beaucoup plus de chances de gagner la suivante : gagner renforce la zone du cerveau liée à la planification, et chez la perdante, cette zone se rétrécit. Traduction : décroche des petites victoires tôt, et si tu viens de rater, va en chercher une derrière pour ne pas te laisser avaler par le vortex de la louse.
Le meilleur accélérateur de petites victoires, ce sont les gens autour de toi. Pourquoi commencer un grand projet tout seul ? Écarte les bras et regarde qui tu touches. Les gens ont envie d'aider, ça les fait kiffer aussi. Steph et Sarah ont fait leurs objectifs ensemble et se sont donné des missions. À défaut de binôme, il reste les communautés : ces filles qui postent leur workout tous les jours avec le bon hashtag ne cherchent pas à se faire mousser, elles se tiennent à ce qu'elles se sont fixé.
Le Celebrate, ou pourquoi la dopamine ne t'attend pas à l'arrivée
C'est la partie préférée de Steph, et la plus négligée. La dopamine est une substance neurochimique déclenchée par tes comportements et ton environnement. Tout le monde la connaît pour le like sur les réseaux. Ce que rappelle l'épisode, c'est qu'elle intervient aussi, puissamment, sur le chemin vers ton objectif : tu peux la déclencher toi-même avec des mini-célébrations intermédiaires.
Ça ne demande pas une coupe de champagne. Après chaque séance de fractionné, Steph tape dans la main de son partenaire d'entraînement. C'est tout. Sur le moment, elle n'a pas l'impression d'avoir gagné, elle a surtout plus de souffle. Mais le rituel associe l'effort à une victoire, et l'expression qu'elle utilise dit bien ce que ça fait : j'ai mis de l'argent à la banque.
Ce n'est pas que du confort. Célébrer une étape recharge ton énergie et renforce l'histoire que tu te racontes : mon plan est bon, je progresse, cet objectif compte vraiment pour moi. Le Celebrate hebdomadaire de JAB, c'est exactement ce mécanisme, en collectif.
Les questions qu'on nous pose
Comment se fixer des objectifs annuels qu'on tient vraiment ?
En passant de l'intention à la structure. Tu écris l'objectif à la main, tu le réécris chaque semaine pendant un mois, tu le rends tangible et daté, puis tu le découpes en actions. Un objectif que tu n'as pas traduit dans ta routine reste une résolution.
Quelle différence entre une résolution et un objectif ?
La résolution est une intention que tu portes sans jamais la traduire concrètement. L'objectif a du sens pour toi, il est tangible, daté, ambitieux, et accompagné d'un plan d'action. La résolution s'empile ; l'objectif prend de la place dans ton agenda.
Faut-il se fixer des objectifs irréalistes ?
Pas pour les atteindre, pour ouvrir ta créativité. L'exercice du x10 consiste à multiplier ton objectif par dix et à regarder comment ton plan changerait. Tu ne feras pas cent rendez-vous par semaine, mais tu trouveras des moyens que tu n'aurais jamais cherchés.
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