Stéphanie Pfeiffer

Les likes ne sont pas des deals : Jade Nourisson, Women Sales Club | Radio JAB #94

Vendre sans réseau : Jade Nourisson, cofondatrice du Women Sales Club, mise 70 % sur les méthodes de vente et 30 % sur le réseau.

Jade Nourisson

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Stéphanie Pfeiffer

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8 min

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« Les likes ne sont pas des deals et il faut réussir à se détacher de ça. » Jade Nourisson, cofondatrice du Women Sales Club.

Tu publies trois fois par semaine. Tu as des likes, des commentaires, des gens qui te disent qu'ils adorent ce que tu fais. Et ton pipe ne bouge pas.

Jade Nourisson, cofondatrice du Women Sales Club, anime une communauté de quatre mille femmes dans la vente et publie régulièrement sur LinkedIn. Pourtant, elle n'a jamais construit sa stratégie commerciale là-dessus.

Dans cet épisode, avec Steph, qui est à la fois son hôte et sa coach chez JAB, elle explique pourquoi.

On y parle de ce qui remplit un pipe quand le réseau ne suffit pas.

Ce qu'on aborde dans cet épisode :

  • Cinq filles sur quarante en master Biz Dev, et des professeurs qui conseillent autre chose.

  • Le numéro d'un VP sales du CAC 40 qui dort un an dans une liste.

  • Pourquoi une experte de la vente décide de se faire coacher en vente.

  • Soixante-dix pour cent méthodes, trente pour cent réseau.

  • Cinq à six mois avant la première vraie victoire.

  • Les femmes et le mindset de top performeur.

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La vente comme moyen de sortir de sa condition

Jade a 30 ans. Elle vient de l'Ouest de la France, d'une famille d'entrepreneurs. Son père fait partie des tout premiers commerciaux de Xerox quand la marque arrive en France, une maison qui avait sa propre école de vente. Après Xerox, ses parents montent leur entreprise ensemble.

Elle grandit avec une idée simple : la vente et l'entrepreneuriat permettent de réussir au-delà de ce que le milieu d'origine avait prévu. Entreprendre, pour ses parents, a été l'opportunité d'évoluer au-delà d'une certaine classe sociale.

Première de sa famille à faire un master, elle passe par Audencia, puis par L'Oréal et les Galeries Lafayette, et termine chez Alan avant de se lancer. Toujours en vente, jamais ailleurs.

Cinq filles sur quarante

En école de commerce, elle choisit un master Biz Dev, rare à l'époque pour une jeune femme. Le ratio, elle s'en souvient : « je pense qu'on était trente-cinq, quarante dans la classe. On devait être cinq filles. »

Elle est dans les premières de promotion. Et ses professeurs lui posent tous la même question : pourquoi tu ne pars pas en conseil ou en finance ? Avec cette phrase, qui est le point de départ du Women Sales Club : « De toute façon, la vente, c'est quelque chose que tu pourras rattraper après. »

La vente, le métier qu'on rattrape après. C'est ce constat qu'elle transforme en entreprise avec Johanna Nussbaumer en 2023, en partant d'une observation : il y a énormément de femmes dans les fonctions commerciales, et pas assez à des postes de management et de direction.

Sa lecture du blocage n'est ni l'ambition ni la compétence. C'est la visibilité, le réseau, et les codes de progression. Trois choses qui se travaillent.

Le numéro qui dormait depuis un an

La rencontre avec JAB se fait d'abord par Julien, qui accompagne les deux fondatrices au tout début avec des conseils. Puis vient le moment de lancer un second produit, et une nouvelle cible : les grands comptes.

Jade arrive à son premier Big JAB un mardi, jour de War Room. Une quarantaine de personnes dans les bureaux, tout le monde au téléphone, certains passant leur premier appel de leur vie. Chez JAB, on ne laisse repartir aucun client sans une victoire le premier jour.

Elle sort sa liste. Et il y a ce nom qu'elle repousse depuis un an : le VP sales de Schneider Electric, qu'elle autorise à citer au micro.

Elle a passé des centaines d'appels dans sa vie. Celui-là, elle n'y arrivait pas. Ce qui la débloque, ce n'est pas une technique, c'est la pièce autour d'elle : voir des gens qui n'ont jamais fait de vente décrocher leur téléphone. Dans ses mots : « je peux pas avoir peur comme ça de prendre mon téléphone. Donc je l'ai pris. La personne a décroché. »

Ce que tu décides sur la valeur de ton produit

C'est le cœur de l'épisode. Interrogée sur ce qui l'a empêchée d'appeler pendant un an, Jade répond sans détour.

Elle s'était fait un monde des personnes haut placées dans l'organisation. Elle imaginait leur agenda saturé, elle imaginait qu'elles prendraient mal l'appel. Et surtout : « je peux pas appeler ces gens qui ont un job si important, parce que mon produit n'est pas assez important pour eux. »

Ce n'est pas une compétence qui lui manque. Elle forme des commerciales à plein temps, elle enseigne la méthode. C'est une croyance, et elle lui a coûté un an de silence sur un compte stratégique.

Le recadrage tient en une phrase : les dirigeants veulent parler des problèmes que tu résous. Ce qui a fini de la convaincre, c'est d'observer les autres dans la salle : si des gens sans carrière commerciale y arrivent avec leur solution, la sienne, qui se vend depuis trois ans, n'est pas moins bonne.

Un an plus tard, à la question de ce dont elle n'aura plus jamais peur, elle répond du tac au tac : appeler un C-level du CAC 40.

Pourquoi une experte de la vente se fait coacher

C'est la question que tout le monde lui pose, et elle y répond en deux temps.

D'abord un principe : « il faut toujours se faire former par meilleur que soi. » Ensuite un constat lucide sur l'expérience : « c'est pas parce que tu l'as toujours fait que t'as les bonnes méthodes. » Elle avait pris de mauvaises habitudes, et à deux avec son associée, personne pour réécouter ses appels ni lui donner un avis.

Mais le point décisif est ailleurs, et c'est ce qui rend son cas intéressant. En arrivant chez JAB, elle pouvait se faire accompagner sur ce qu'elle maîtrisait déjà et gagner vite. Elle a choisi l'inverse : un produit tout neuf, une cible bien plus haute, des interlocuteurs C-level dans des grands comptes.

« Si j'étais venue chez vous pour se faire accompagner sur ce qu'on avait l'habitude de faire, on en aurait eu des victoires et on en aurait eu rapidement. Mais c'était pas vraiment ce qu'on cherchait. »

Le prix de ce choix est visible dans le calendrier. Les victoires ne sont pas arrivées tout de suite. Il a fallu cinq à six mois avant les premiers succès. Ce qui l'a aidée à tenir, c'est le collectif : seule dans son bureau, dit-elle, ça aurait été plus compliqué.

Le résultat est chiffré. En passant des DRH aux patrons du business, le panier moyen du Women Sales Club est passé de cinq mille euros à des deals de vingt-cinq à trente mille.

Ton réseau ne te fera pas vivre

C'est le passage contrarian de l'épisode, et il vient de la personne qui a le moins intérêt à le dire.

« Ton réseau, faut pas trop compter sur lui, pour moi, quand tu montes ta boîte. Ça, peu de gens le disent. »

Son argument part de leur situation de départ. Johanna vient d'Alsace, elle vient de l'Ouest, elles n'avaient aucun réseau parisien. Ce qui aurait pu être un handicap les a forcées à construire une machine qui n'en dépend pas.

Sur le peu de réseau qu'elles avaient, le constat est net : les gens soutiennent, likent, commentent. Mais de là à aller chercher des contrats grâce au réseau, il y a une marche.

Et elle assume la part de LinkedIn dans leur histoire. C'est Johanna qui les a poussées sur les réseaux au lancement, et ça les a énormément aidées. Le problème est venu de la hiérarchie : à un moment, elles l'avaient mis un peu trop au-dessus des méthodes de vente classiques.

Leur équilibre depuis un an : soixante-dix pour cent méthodes de vente, trente pour cent réseau. Pas zéro réseau, donc, mais le réseau derrière les méthodes, jamais devant.

Avec un réflexe qu'elle juge non négociable : un contact réseau ne saute aucune étape. Il faut revenir au début du process de vente, même avec des contacts réseau, et surtout avec eux.

La vente, c'est des stats et des méthodes

Dans une année où le contexte économique n'est pas favorable, dit-elle, tu ne peux plus compter que sur ton réseau pour trouver du business. Il faut une machine bien rodée, hors réseau.

Sa conviction sur le sujet est tranchée : « pour moi, il y a zéro autre sujet que la mise en place des méthodes. » Concrètement : faire ses listes de prospection correctement, mettre un CRM en place dès le jour un même quand on est deux, suivre les étapes du process.

Et derrière, une vision presque comptable du métier : « je suis assez convaincue que la vente, c'est des stats. Et c'est des méthodes. » Quand tu travailles ton projet depuis un an, tu connais tes taux, donc tu sais combien d'appels il te faut pour décrocher combien de rendez-vous et closer combien de clients.

C'est aussi ce qui rend la vente libératrice. Quand l'acquisition baisse ou que le marketing se grippe, celui qui maîtrise sa méthode peut aller chercher les clients qui manquent.

Les femmes et le mindset de top performeur

La dernière partie s'adresse aux femmes qui se disent que la vente n'est pas pour elles, qu'elles ne sont pas des cow-boys.

« Ce qu'on dit pas assez, c'est que les femmes peuvent développer, comme les hommes, un mindset de top performeur. Elles peuvent autant être dans cet esprit d'avoir envie de gagner que les hommes. »

Elle nomme ensuite les forces, et elles ne sont pas celles qu'on cite d'habitude. Le respect des méthodes, d'abord, ce côté bonne élève qu'on reproche souvent aux femmes et qui devient un avantage dans un métier de process. La capacité d'écoute ensuite, qui est la compétence centrale de la découverte. Et la capacité à se positionner en experte, qui rassure le prospect.

Elle finit sur l'argent, et c'est le vrai sujet : ce sont des métiers où on gagne de l'argent, et pour s'émanciper, être autonome financièrement en tant que femme, ce n'est pas un détail.

Steph enchaîne en élargissant : on a tendance à cantonner les forces des femmes à l'écoute et à l'empathie, alors qu'il n'y a pas plus combatif ou résilient qu'une femme. L'envie de gagner, l'argent, l'autorité, la crédibilité.

Les questions qu'on nous pose

Est-ce qu'on peut vendre sans réseau ?

Oui. Jade Nourisson et Johanna Nussbaumer ont lancé le Women Sales Club sans aucun réseau parisien, l'une venant d'Alsace et l'autre de l'Ouest, et aucun contact de leur réseau ne leur a fait signer de contrat au démarrage. Leur équilibre après trois ans d'activité est de soixante-dix pour cent méthodes de vente et trente pour cent réseau. Le réseau ouvre des portes, il ne remplit pas un pipe.

Est-ce que LinkedIn suffit à générer des clients ?

Non. Le Women Sales Club publie trois fois par semaine et génère de vrais leads grâce à LinkedIn, mais Jade Nourisson est formelle : « les likes ne sont pas des deals et il faut réussir à se détacher de ça ». Entre l'engagement et le contrat, il y a une marche, et elle se franchit avec un process de vente. Les leads entrants doivent être transformés comme n'importe quel autre prospect.

Pourquoi une experte de la vente se fait-elle coacher ?

Parce que l'expérience ne garantit pas la méthode. Jade Nourisson vend depuis dix ans et forme des commerciales à plein temps, et elle résume ainsi : « c'est pas parce que tu l'as toujours fait que t'as les bonnes méthodes ». Elle avait pris de mauvaises habitudes, et à deux dans l'entreprise, personne ne réécoutait ses appels. Elle ajoute un principe : il faut toujours se faire former par meilleur que soi.

Combien de temps avant les premiers résultats d'un accompagnement commercial ?

Cinq à six mois dans son cas, parce qu'elle a choisi de se faire accompagner sur une cible nouvelle et plus haute plutôt que sur ce qu'elle maîtrisait déjà. Elle le dit explicitement : en venant pour ce qu'elles avaient l'habitude de faire, les victoires seraient arrivées vite, mais ce n'était pas ce qu'elles cherchaient. Le résultat est un panier moyen passé de 5 000 à 30 000 euros.

Pourquoi si peu de femmes aux postes de direction commerciale ?

Ni l'ambition ni la compétence, selon Jade Nourisson. Trois causes : la visibilité interne, qui se travaille et que les femmes travaillent moins que les hommes ; le réseau ; et les codes de progression, moins transmis faute de modèles à ces postes. Les fonctions commerciales mènent aux directions générales, ce qui fait de ce plafond un sujet de carrière et pas seulement un sujet de métier.

Qu'est-ce qui empêche d'appeler un dirigeant ?

Une croyance, pas une compétence. Jade Nourisson a laissé dormir le numéro d'un VP sales pendant un an en se disant : « je peux pas appeler ces gens qui ont un job si important, parce que mon produit n'est pas assez important pour eux ». Le recadrage est simple : les dirigeants veulent parler des problèmes que tu résous. Ce que tu décides sur la valeur de ton produit finit par dessiner ton pipeline.

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Transcription de l’épisode

Toute la conversation, réplique par réplique, avec les minutages.

00:00Jade : Quand tu te lances avec JAB, t'es là, t'as envie d'être là. Donc tous les gens qui étaient présents avaient vraiment envie d'être là. Je peux pas avoir peur comme ça de prendre mon téléphone, donc je l'ai pris. La personne a décroché. Effectivement, les likes ne sont pas des deals et il faut réussir à se détacher de ça.

00:13Jade : Je pense que j'ai eu un peu un complexe d'infériorité derrière mon téléphone en me disant non non, je peux pas appeler ces gens qui ont un job si important. Les équipes sales, quand elles sont paritaires, elles sont en moyenne vingt-cinq pour cent plus performantes que les équipes non paritaires. Je pense aussi qu'il faut toujours se former, il faut toujours se faire former par meilleur que soi.

00:32Steph : Est-ce qu'il y a quelque chose aussi dont peut-être t'auras plus jamais peur maintenant?

00:36Jade : Appeler un C-level du CAC 40 hein

00:41Steph : Aujourd'hui sur Radio JAB, je reçois Jade Nourisson, la cofondatrice du Women Sales Club. Dans cet épisode, on te propose un point de vue un peu décalé sur des sujets qui reviennent tout le temps sur la table : la liberté quand t'entreprends, la place des femmes dans la vente, l'importance du réseau. Et on vient décortiquer chacun de ces clichés. Bonne écoute.

00:58Steph : Jade Nourisson, tu es la cofondatrice du Women Sales Club. Bienvenue sur Radio JAB.

01:03Jade : Merci Steph, je suis ravie d'être là.

01:05Steph : Moi aussi, je suis ravie aujourd'hui. Alors, c'est un épisode toi et moi, puisque je suis à la fois host et ta coach JAB.

01:11Steph : Exactement. Donc normalement, on est, on est un peu en trio, mais là, c'est juste nous deux. Merci de venir, parce que aujourd'hui, on va évoquer ton parcours entrepreneurial. On va évoquer évidemment la place des femmes et leur rapport à la vente. Je pense que aussi bien toi que moi, on peut pas passer à côté de ce sujet-là.

01:27Steph : Et puis de regarder aussi toi, ton, ta journey personnelle, depuis qu'on a bossé ensemble, en tant qu'entrepreneur. Est-ce que ça te va ?

01:34Jade : Ça me va très bien.

01:35Steph : Alors, peut-être on va commencer par te présenter. Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Comment ça t'a mené à l'entrepreneuriat ?

01:41Jade : Donc moi, je m'appelle Jade, j'ai 30 ans.

01:43Jade : Je suis effectivement la cofondatrice du Women Sales Club avec Johanna Nussbaumer. Mon parcours, donc moi, je viens de l'ouest de la France. J'ai toujours voulu vendre et entreprendre. Pourquoi ? Je pense que ça, ça vient d'une histoire familiale. Mon père est un des tout premiers, co-, employés de la force commerciale de Xerox quand la marque est arrivée en France et on n'est pas sans savoir que ils ont une école de vente assez incroyable.

02:08Jade : Donc j'ai été vraiment baignée dans cet univers de la vente depuis toute petite. Et mes parents sont des entrepreneurs, sont des commerçants. Enfin, après Xerox, ils ont monté une entreprise ensemble et c'est ce qui nous a donné envie, à moi et à mes sœurs aussi, d'entreprendre. Pour mes parents, en tout cas, ça a été, entreprendre, ça a été, l'opportunité pour eux d'évoluer, dans une cer, au-delà d'une certaine classe sociale. Et moi, j'ai toujours vu l'entrepreneuriat et la vente comme un moyen, au-delà de faire des grandes études, de pouvoir réussir, gagner potentiellement aussi, plus d'argent que ce que ton milieu, dessinait pour toi.

02:41Steph : On va revenir là-dessus, la vente comme vecteur de liberté. J'aimerais bien zoomer un petit peu sur ton parcours. Du coup, depuis que t'es petite, tu baignes là-dedans. T'es un peu genre Obélix dans la potion magique. C'est ça. Sauf que t'es beaucoup plus belle qu'Obélix. Merci. Mais quand est-ce que ça se dessine vraiment comme projet pro?

02:55Steph : Parce que t'as eu d'autres expériences avant de toi te lancer et d'entreprendre. Donc est-ce qu'on peut revenir là-dessus, le chemin que t'as fait? Est-ce que les choix que t'as faits, ils étaient en préparation pour l'entrepreneuriat ou est-ce que... 'fin, tu vois. Qu'est-ce qui s'est passé entre tes études et Women Sales Club

03:08Jade : Justement, comme tout le monde avait entreprise chez moi, j'avais envie de faire le contraire de toute ma famille. Déjà, je suis la première à avoir eu l'opportunité de faire des études, 'fin faire un master, faire des grandes études. Et donc quand je suis arrivée, j'ai fait une licence, ensuite, je suis rentrée à Audencia, en école de commerce à Nantes.

03:23Jade : Et finalement, ce qui me faisait rêver, c'était d'entrer chez L'Oréal, Galeries Lafayette. C'était vraiment ces entreprises-là qui me faisaient rêver. J'y suis arrivée. Je suis passée par ces deux, ces deux entreprises-là. Et finalement, une fois que j'y étais, je me suis vraiment rendu compte que ce que j'avais envie, c'était ben d'entreprendre parce que je voyais aussi ma famille, libre.

03:44Jade : L'entrepreneuriat, c'est aussi un format de liberté. C'est pas que une liberté de temps, c'est aussi une liberté de prendre ses propres décisions. Et en tout cas, j'avais l'impression, même si j'ai beaucoup appris, que de rester dans des grosses structures n'allait pas forcément me donner l'opportunité de prendre, les décisions, aussi jeune.

04:00Jade : Et donc à la suite de trois ans d'expérience professionnelle, j'ai aussi fait le, la bonne rencontre avec Johanna et je me suis dit que ça y est, c'était le bon moment pour moi de me lancer.

04:09Steph : Et t'étais déjà sales dans tes expériences pro précédentes ?

04:12Jade : Toujours sales, par contre.

04:13Steph : Toujours sales.

04:14Jade : Ça, j'ai su tout de suite.

04:15Jade : J'ai... En fait, en école de commerce, j'ai fait un master Biz Dev, ce qui était aussi assez rare pour une jeune fille à l'époque. Déjà, il y avait très peu de grandes écoles de commerce qui avaient un master dédié à la fonction commerciale. Audencia en faisait partie. Et finalement, après, quand tu regardes un peu les ratios, je pense qu'on était trente-cinq, quarante dans la classe.

04:35Jade : On devait être cinq filles.

04:36Steph : Ouais, c'est ce que j'allais demander. C'est marrant. T'as gardé contact avec tes potes de promo, filles et garçons d'ailleurs, mais qui ont fait ce master ? Ils font quoi aujourd'hui ?

04:42Jade : Un petit peu. La plupart, en tout cas ceux avec qui j'ai gardé contact, sont sales.

04:46Steph : Ouais.

04:47Jade : Donc j'pense qu'il y a un vrai truc quand tu choisis en école de commerce, on te pousse tellement pour moi à choisir, plutôt des fonctions conseil, des fonctions finance, RH, market, que finalement quand tu choisis la vente, j'pense que tu choisis parce que t'en as vraiment envie. Pour la petite anecdote, moi, j'étais une des mes premières, des premières de promotion et mes professeurs me disaient : « Mais pourquoi tu pars pas en conseil ou en finance De toute façon, la vente, c'est quelque chose que tu pourras rattraper après ».

05:10Steph : Et

05:11Jade : Finalement, moi, c'était dans mon ADN, j'avais vraiment, envie de faire ça.

05:14Steph : Et justement, ce regard un peu des autres et de l'école de commerce porté sur la vente, qu'est-ce que, t'en penses quoi, toi ?

05:21Jade : C'est un grand sujet.

05:23Steph : Ouais.

05:24Jade : C'est un des sujets qui nous a emmenés aussi à me, à lancer le Women Sales Club. Pour moi, je trouve qu'honnêtement, en France, le métier est beaucoup trop peu valorisé, pas très sexy, contrairement aux États-Unis ou en tout cas dans les, dans la culture anglo-saxonne, c'est très cool d'être sales.

05:43Jade : T'arrives à un dîner, tu dis : « J'suis sales, j'suis commercial ». Tout le monde te dit : « Ah, génial ». Tout le monde aussi se rend compte, ben de ce que ça peut apporter aussi en termes, d'argent, parce qu'il faut en parler. Et en France, c'est vraiment un métier qui est sous-valorisé. On est toujours un peu vus comme des vendeurs de tapis, un peu sales, peut-être aussi, je sais pas, dans l'image.

06:01Jade : En tout cas, c'est ce dont j'ai un, j'ai l'impression. Ça change un peu. On en parlera après, mais ça, ça change, ça change un peu. Mais en tout cas, c'était une des choses qui nous a, qui nous a motivées pour monter Women Sales Club. C'est aussi comment en France, on remet la fonction vente au cœur, comment on la remet en avant, on la revalorise.

06:20Steph : Eh ben justement, parlons-en de la genèse du Women Sales Club. Qu'est-ce qui, la rencontre avec Johanna, qu'est-ce qui vous fait vous mettre sur ce projet et de se dire : « C'est ça notre boîte. » Particulièrement sur cette idée de femme. Peut-être dire pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore qu'est-ce que le Women Sales Club.

06:35Steph : Et ensuite, ouais, comprendre un petit peu la genèse du projet, comment c'est devenu une boîte.

06:41Jade : Déjà donc pour effectivement le Women Sales Club aujourd'hui, on est une communauté. On est une communauté d'un peu plus de quatre mille femmes dans les ventes. Cette communauté, elle est née d'un constat, c'est qu'il y a énormément de femmes dans les ventes, mais il n'y en a pas assez à des postes de management et de direction.

06:56Jade : Donc l'idée première, c'était de se dire comment on accompagne, les profils féminins qui sont dans ce très beau métier pour aller sur des jobs à plus haute responsabilité puisqu'on le sait aussi, les fonctions ventes mènent à des directions générales. Donc c'était tout l'enjeu d'accompagner les talents pour aller sur ces postes-là.

07:13Jade : Donc on a commencé par créer ce grand réseau, cette grande communauté qui aujourd'hui est hébergée en ligne avec une vingtaine de canaux de discussion où les femmes qui sont membres du réseau peuvent échanger. Quelques mois après, on a lancé notre organisme de formation et donc aujourd'hui, on a quatre programmes qui accompagnent entre six à douze mois des femmes de différents niveaux de seniorité à aller plus loin dans leur carrière sur les fonctions ventes et jusqu'à des niveaux justement de direction générale.

07:41Jade : Et l'objectif, c'est vraiment d'accompagner l'ensemble, à terme, l'ensemble des femmes dans les métiers du go to market, du revenu, à accélérer leur carrière et à leur donner toutes les clés pour réussir.

07:51Steph : Avant qu'on rentre un peu dans les coulisses de l'aventure, pourquoi elle est, c'est intéressant ce que tu dis.

07:56Steph : En fait, il y a plein de femmes dans les fonctions commerciales. Pourquoi ça bloque à ce moment où on veut accéder à des postes à responsabilité, à la direction générale ? Qu'est-ce qui se passe ?

08:05Jade : Ouais. Je pense pas que ça soit une question ni d'ambition ni de compétence. C'est surtout une question de visibilité, de réseau et je pense d'avoir les bons codes de progression.

08:17Jade : Déjà, bon, la visibilité, ça se travaille. C'est pas quelque chose qui est complètement, inné, notamment la visibilité interne. Les femmes la travaillent un petit peu moins que les hommes, pensent toujours qu'en faisant, le good job, tu vois, elles vont réussir à aller chercher, la step d'après, alors qu'en fait non, il faut quand même travailler ce qu'on appelle la stratégie des alliés, la politique interne.

08:36Jade : Après, t'as la partie réseau notamment, tu vois, j'écoutais une interview, là, de Fabienne Arata, qui est directrice générale de LinkedIn en France, qui disait que les femmes sur LinkedIn ont en moyenne trente pour cent moins de réseau que les hommes. Donc c'est comment on va faire en sorte qu'elles aient plus de réseau et qu'elles le sollicitent pour justement aller chercher ces jobs.

08:54Jade : Et après, les bons codes de progression parce que, ben comme il y a moins de rôles modèles à ces jobs-là, forcément, elles voient moins de femmes y arriver. Et donc on se dit que nous-mêmes, on ne peut pas forcément y arriver. Donc c'est comment aujourd'hui, on arrive à avoir à leur donner l'opportunité de créer une meilleure visibilité, un meilleur réseau et d'avoir des rôles modèles sur ces jobs-là.

09:14Steph : C'est intéressant parce que tu vois, de notre prisme à nous chez JAB, moi, je, on travaille à un niveau un peu, je vais appeler micro, tu vois, sur la vente et le rapport à la vente. Donc on peut voir, c'est vrai, il y a des spécificités chez les femmes dans la façon d'appréhender ces sujets-là. Mais ce qui est vrai, c'est aussi tout ce qui entoure, juste la vente en elle-même et la relation one one avec la personne.

09:34Steph : Ce que tu disais, les stratégies de politique d'entreprise, etc., qui font que parfois, t'as beau être top performeur, en fait, ça suffit pas, pour aller décrocher le job d'après.

09:43Jade : Ouais, non mais complètement. En fait, nous, on le voit vraiment, ça suffit pas du tout. C'est, ce que je te dis, c'est une vraie stratégie.

09:50Jade : C'est parfois des stratégies sur trois, cinq ans. Tu vois, nous, quand on accompagne sur des programmes pendant un an, c'est vraiment le minimum, en tout cas pour aller atteindre des jobs de dirco ou de, ou de DG, parce que ça se, déjà, les choses ne se débloquent pas sur une formation de deux jours.

10:04Jade : Mais d'ailleurs, vous le savez bien, chez JAB, c'est pour ça qu'on a des accompagnements sur six, sur douze mois, voire plus, parce que les petites graines, ça se plante au fur et à mesure. Et donc c'est pour ça que nous, tu vois, on travaille vraiment sur des triptyques pendant plusieurs mois pour se dire comment on crée cette vraie stratégie qui va permettre aux femmes d'aller chercher ces jobs-là.

10:22Steph : On va revenir sur les femmes, évidemment. Mais ce qui m'intéresse, c'est toi. Est-ce que tu te souviens quand, comment on s'est rencontrées avec JAB ?

10:29Jade : Oui, alors, je me souviens bien. Alors, c'est arrivé même presque au tout début de la communauté Women Sales Club. On s'est échangé des messages. Ben déjà, on évolue dans le même milieu, on a un peu le même mindset sur les métiers vente.

10:41Jade : Julien, avec qui tu travailles, nous a aussi beaucoup accompagnés au début de la création de l'entreprise en nous donnant des très bons conseils. Et après, assez rapidement, on s'est dit : ben il faut qu'on aille plus loin avec JAB, il faut qu'on ait, il faut qu'on se fasse accompagner aussi. C'est arrivé, le moment, je crois, où on a dit qu'on allait commencer un accompagnement ensemble, c'est quand nous, on a commencé à vendre notre second produit.

11:01Jade : On avait aussi un challenge d'aller développer une nouvelle formation ou un nouveau format de formation et on s'est dit : C'est le bon moment pour se faire accompagner. Moi, je retiens ça. Je retiens le mindset aussi, ton mindset, celui de Julien, celui où vous nous avez poussés dès le début à faire mieux avec le Women Sales Club.

11:18Jade : Je pense que c'est comme ça qu'on a eu envie aussi de se faire accompagner par JAB par la suite et même de faire accompagner nos sales.

11:25Steph : Ouais.

11:25Jade : Puisque notre dernière sales se fait accompagner par vous dernièrement.

11:29Steph : Est-ce que tu te souviens quand on a fait un peu notre rendez-vous ? Et moi, j'ai un souvenir de pas mal d'émotion, de un peu, cet petit moment, tu sais, quand tu vends, que t'as une bonne tension, entre guillemets.

11:40Steph : Est-ce que toi, tu t'en souviens ? Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous vous dites : OK, vas-y, on investit, let's go, on fait JAB.

11:46Jade : C'est un peu ce que je t'ai dit, je crois qu'on en a parlé la semaine dernière. Y a un côté, moi, j'ai toujours été dans les sales. Johanna aussi, mon associé, était sales.

11:54Jade : Et donc c'est ce que je te disais, on pourrait croire que, on pourrait d'ailleurs se dire pourquoi elles ont décidé de faire JAB ? C'était ma prochaine question. Ouais Pourquoi elles sont là ? Mais ça, ça raccroche au premier rendez-vous. Tu vois, pourquoi elles sont là ? Qué, pourquoi elles ont besoin de cet accompagnement moi, j'ai un... En fait, je suis persuadée qu'il faut toujours appuyer sur ses forces. Je pense être pas trop mauvaise dans la fonction, commerciale. Je pense aussi qu'il faut toujours se former. Il faut toujours se faire former par meilleur que soi. Honnêtement, j'ai vu aussi ce que vous faites avec JAB et j'étais hyper impressionnée.

12:24Jade : Donc, je me suis dit : « Cette équipe, elle doit être hyper forte, donc il faut que je me fasse, former par cette équipe. » Et honnêtement, quand on a fait notre rendez-vous, que tu nous as exposé les solutions qu'on allait pouvoir développer, trouver ensemble, pour moi, c'était go direct quoi.

12:37Jade : Je me suis dit : « Trop bien, on va se faire accompagner, ça va donner une vraie impulsion à notre stratégie commerciale. » Je sais pas si tout le monde, en regardant le podcast, est alerte de ce que vous faites, mais avec cette possibilité de venir dans vos bureaux avec tous les autres, le mardi, le jeudi et vraiment d'avoir cette émulation autour de soi, je trouve que ça permet vraiment de devenir meilleur.

12:56Jade : Et c'est ce que je voyais sur les réseaux, dans vos vidéos. Donc, je me suis dit : « C'est bon, faut y aller. »

13:00Steph : Oh là là, Jade, t'es vraiment gentille. Parce que- Non, c'est vrai notre présence réseau à l'époque n'est pas la plus grande du monde. Mais ouais, c'est

13:06Jade : C'est cool. Non, mais j'étais venue aussi en physique à vos soirées.

13:09Jade : 'Fin, on s'était rencontrées avant.

13:10Steph : Ouais, c'est vrai qu'on avait quand même en vrai une relation avant ça. Et c'est intéressant ce que tu dis sur la communauté, ce qui se passe chez JAB. C'est vrai qu'on n'en parle pas énormément. Je sais pas si tous les gens qui écoutent sont au courant de qu'est-ce qui se passe dans nos murs.

13:22Steph : Donc peut-être, on peut en parler un peu et parler de, du coup, ta première expérience JAB. Quand tu signes, on t'explique quand même un peu à quelle sauce tu vas être mangée, mais je pense que on a beau l'expliquer, ça reste toujours un peu un mystère qu'est-ce qui se passe entre les murs JAB. Et donc je voulais, je suis hyper curieuse de est-ce que tu te souviens de ton premier Big JAB qu'est-ce que t'as ressenti ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Ouais, raconte-moi.

13:44Jade : Déjà, c'est un peu impressionnant. T'arrives dans les, dans vos bureaux, y a énormément de personnes. Moi, je pense que le, 'fin énormément. Le jour où je suis arrivée, on était peut-être une quarantaine, tu vois, le matin.

13:54Jade : On me demande de te présenter devant tout le monde. Bon, ça va. Ça, c'est pas le pire exercice- C'est le plus facile pour moi. Ouais, c'est le plus, c'est un des plus faciles exercices quand t'arrives. Mais bon, déjà, faut passer cette étape-là. Et après, tout de suite, t'es dans le bain, tu commences avec tes premiers coachings.

14:09Jade : Ce que j'ai ressenti aussi tout de suite, c'est l'entraide générale. Tout le monde, y a aucun jugement, des autres. Tout le monde est là pour les mêmes raisons : faire plus de ventes, développer son business. Et puis quand tu te lances avec JAB, t'as, 'fin, t'es là, t'as envie d'être là. Donc tous les gens qui étaient présents avaient vraiment envie d'être là.

14:28Jade : Après, t'as tous les coachings perso durant la journée que tu peux prendre avec vous qui sont hyper aussi qui te donnent un gros coup de boost sur des deals potentiellement un peu plus complexes. Je retiens aussi, moi, je suis arrivée un mardi avec la War Room, donc une séance d'appel hyper intensif avec tout le monde pour décrocher un maximum de rendez-vous.

14:45Jade : J'avoue que la première fois, c'est hyper impressionnant. Et après, quand tu réussis, tu te rends compte que c'est comme ça que t'arrives à développer ton business toutes les semaines. Donc non, non, vraiment, moi, je garde un super souvenir de ce premier jour-là.

14:57Steph : Y a un truc qui m'a marquée, moi, sur ta première journée.

15:00Steph : Y a un, y a un truc qui nous tient à cœur et qu'on se dit nous-mêmes chez JAB, c'est : le premier jour, on laisse partir aucun client sans une victoire. Et je me souviens, comme tu le disais, toi, t'as été sales. Donc voilà, en fait, qu'est-ce qu'on, comment je la fais gagner, Jade, tu vois?

15:13Steph : J'étais là en mode comment je la fais gagner et tout. Et tu viens avec ta liste et y avait cette personne Un de tes prospects, en vrai ça fait six mois qu'il était dans ta liste ou je, et il, voilà, il était dans ta liste, il prenait un peu la poussière quoi. Et pouf, t'as décroché ton tel et t'as eu le rendez-vous.

15:29Steph : Et en fait, j'étais genre go. Parfois, tu sais, t'as des moments où la valeur de ce que tu fais est si évidente et simple, pas du tout là où tu l'aurais attendu. Tu vois, moi, je me suis dit avec, j'ai hâte, comment je fais ? Je me triture le cerveau et tout. Et t'es repartie en disant : « Ma best victoire, c'est qu'en fait ça fait six mois que je dois appeler ce gars, je l'ai toujours pas fait.

15:44Steph : Et là, ça y est, je l'ai rendez-vous. »

15:45Jade : Carrément, je me rappelle, c'est avec le VP sales de Schneider Electric. Je peux le, je peux le citer, y a pas de sujet. C'est, nous, en fait, au Women Sales Club, on vend de plus en plus aux grandes entreprises. Alors moi, j'avais l'habitude de faire de la vente. J'ai toujours été sales, mais plutôt sur des comptes des SMB Middle Market, donc petites et moyennes entreprises.

16:04Jade : Et en fait, là, bon c'est la première fois que je commençais à faire du grand compte. Et c'est vrai que j'avais une appréhension. Pourtant, j'en ai passé des calls, hein, mais celui-là, j'y arrivais pas. Je sais pas pourquoi. Et effectivement, le fait d'avoir plein de gens autour de moi qui étaient en train de surpasser, d'essayer d'appeler pour la première fois, parce que certains appellent pour la première fois, je me suis dit quand même, je peux pas avoir peur comme ça de prendre mon téléphone.

16:25Jade : Donc, je l'ai pris. La personne a décroché, ce qui a mené à une discussion derrière. Donc, alors que ça faisait, je pense, un an avec Johanna qu'on disait : « Il faut qu'on appelle cette entreprise. »

16:34Steph : En fait, pourquoi tu l'as pas appelé avant, en vrai ?

16:36Jade : Je pense que je l'ai pas appelé avant parce que ayant travaillé en stage et dans mes premières expériences dans des grandes entreprises, je pense que je m'étais fait un peu un monde des personnes qui étaient assez haut dans l'organisation.

16:50Jade : Je voyais, j'avais l'impression en tout cas que leur agenda était hyper chargé. Je pense que c'est le cas hein, mais en tout cas qu'ils allaient, potentiellement très mal le prendre si je les appelais ou que j'allais pas du tout être leur sujet ou en tout cas que le sujet des femmes dans les ventes allait pas être le leur.

17:06Jade : Et donc je pense que j'ai eu un peu un complexe d'infériorité derrière mon téléphone en me disant : « Non, non, je peux pas appeler, ces gens qui ont un job si important, parce que mon produit n'est pas assez important pour eux ».

17:15Steph : Et qu'est-ce qui a changé du coup ? Genre ce jour-là, bam, t'as pris ton tel chez JAB.

17:21Steph : Il y a un peu l'énergie collective qui t'a portée. Ça t'a aidée à décrocher le téléphone. Mais après ?

17:28Jade : Déjà, il y a deux choses. Il y a le fait que j'étais venue là pour ça. Donc aussi mentalement, je me suis dit : « Maintenant, tu peux pas, tu peux pas battre en retraite sur ce sujet-là. Prends ton téléphone et fais-le parce que c'est ce pourquoi aussi tu t'es engagée dans une formation, t'as investi dans une formation.

17:44Jade : Donc il faut, il faut quand même aller faire ce pourquoi tu es là ». Et la deuxième chose, c'est que y avait pas mal, d'autres Jabbers qui vendaient des produits à forte valeur ajoutée à des grandes entreprises. Et je voyais que eux arrivaient à prendre des rendez-vous. Et donc je me suis dit : « Si eux y arrivent, sachant que qu'ils ont pas forcément eu de carrière commerciale avant, pourquoi moi, j'y arriverais pas Et si eux y arrivent avec leur solution, ma solution n'est pas moins bonne qu'une autre, sachant qu'on a déjà fait la preuve depuis trois ans qu'elle se vend. Donc je vais y arriver aussi ».

18:14Steph : C'est fou. Genre, je trouve que pour moi, cette anecdote, je la trouve ouf et hyper révélatrice. Souvent, évidemment, nous, on accroche beaucoup d'importance à genre la méthode, au process de vente et tout.

18:24Steph : Et en fait, genre, la réalité, le plus gros impact est vraiment dans les choses qui semblent les plus anodines et pourtant qui ont le plus d'importance. Mais du coup, en parlant un peu de technique et de process, il y a un truc qu'on a bossé aussi ensemble qui peut être intéressant pour les gens qui nous écoutent.

18:37Steph : C'est un peu ce changement de cible. Au début, vous étiez plutôt sur des DRH, puis en fait, on s'est rendu compte que c'est plutôt du directeur du business. Est-ce que tu veux retracer un peu, l'évolution justement de ta prospection, ta vente, dans le boulot qu'on a fait ensemble ?

18:50Jade : Alors nous donc peut-être pour retracer l'évolution du Women Sales Club.

18:55Jade : Donc on a cette fameuse communauté de 4 000 femmes aujourd'hui, on vend, des programmes de développement pour ces femmes. On a commencé majoritairement en B2C2B, c'est-à-dire que les femmes qui sont dans notre communauté, pour qui on organise des événements, avaient envie de rejoindre nos programmes et donc faisaient appel à nous en nous demandant des infos.

19:15Jade : Et ensuite, il fallait, nos programmes sont plutôt financés par les entreprises des femmes qui nous rejoignent, puisque c'est un investissement quand même sur six mois, un an, qui est majoritairement dans le, dans, sur des compétences professionnelles. Et donc ensuite, il fallait, prendre contact avec leur direction commerciale, leur direction ressources humaines pour aller jusqu'au bout de la vente Ce qui a changé quand on est arrivé chez JAB, c'est qu'on a commencé à développer les programmes intra-entreprise.

19:41Jade : Donc c'est-à-dire nos quatre programmes à vendre finalement à une entreprise qui aurait eu envie de le développer à l'intérieur de sa structure pour plus d'une dizaine de femmes de ses équipes. C'était tout nouveau, on n'avait encore jamais fait ça. Et donc là, il fallait directement qu'on aille vers les directions commerciales, vers les directions ressources humaines ou du talent, sans passer par des membres de notre communauté.

20:04Jade : Et donc c'est vrai que c'était un vrai switch dans le mindset. Et c'est vrai que je pense que JAB, nous a, enfin, ma, parce que c'est moi qui suis plutôt venue sur cette période-là, mais m'a beaucoup aidée à passer ce cap, à faire ce switch. Bon, c'était relativement... Les victoires, elles sont pas arrivées tout de suite parce qu'on est sur une prospection qui est quand même sur des C-levels de grandes entreprises, donc ça prend du temps.

20:26Jade : Mais là, ouais, cinq, six mois après le début de l'accompagnement, on voit les premiers succès. Donc c'est trop bien. Et surtout, ça m'a aidée à ne pas lâcher d'être avec vous, avec les autres. Je pense que toute seule dans ma box, dans nos bureaux, ça aurait été un peu plus compliqué de tenir.

20:42Steph : Ouais, l'énergie.

20:43Steph : C'est vrai ce que tu dis, nous, c'est un peu un mantra qu'on a chez JAB, c'est : patient avec les résultats, impatient avec les actions. Et donc cette idée de continuer à garder le niveau d'action, même si tu vois pas les trucs qui tombent. Quand ça tombe, ça prend tout son sens, tu vois. L'inertie que t'as créée, le momentum, les skills, etc.

21:01Jade : Non, puis je trouve que c'est d'autant plus, c'est d'autant plus valorisant quand c'était dur. C'est-à-dire que si j'étais venue chez vous pour nous faire, pour se faire accompagner sur ce qu'on avait l'habitude de faire, on en aurait eu des victoires et on en aurait eu rapidement. Et ça aurait été très bien, mais c'était pas vraiment ce qu'on cherchait.

21:18Jade : Là, en fait, que ça soit vous comme nous, on a eu des victoires sur quelque chose qui était plus compliqué à aller chercher, donc un besoin de coaching sur quelque chose plus compliqué à aller chercher. Et je trouve que la victoire, elle est d'autant plus belle, Ouais, c'est clair.

21:30Steph : Parce qu'on parle de deals qui sont plutôt autour des trente mille euros versus les cinq mille normalement quoi donc

21:34Jade : Exactement. On était plutôt sur un panier moyen, à cinq mille euros, effectivement, où là, sur ces deals-là, on va passer plutôt à vingt-cinq, trente mille euros.

21:40Steph : Ouais, c'est cool. Là-dedans, y a une, un truc que je me, une question que je me suis posée, parce que c'est vrai que quand on regarde ton CV, t'avais déjà été sales, mais dans des belles, pour des belles marques.

21:49Steph : Qu'est-ce que ça change de vendre quand, c'est ta marque et que t'es pas encore superstar et que tu dis le nom et paf, les portes te sont ouvertes et tout ça ?

21:58Jade : Ça change beaucoup de choses. Ça change beaucoup de choses. Effectivement, moi, j'avais toujours fait des structures qui avaient une renommée.

22:06Jade : Juste avant de monter l'entreprise, j'étais chez Alan, une entreprise que j'adore d'ailleurs, qui se développe énormément en ce moment, où j'ai beaucoup appris. Mais c'est vrai que c'était plus simple, on va dire, d'avoir des rendez-vous quand on prospecte au nom, d'une marque un peu connue. Alan avait aussi beaucoup de leads entrants, en a toujours, j'imagine.

22:23Jade : Donc plus simple finalement d'aller vers le prospect. C'est vrai que quand tu montes ton entreprise, nous, notamment Women Sales Club, moi, j'avais 27 ans. Johanna était à quatre ans de plus que moi, donc on n'avait jamais fait de formation toutes les deux. On se lançait vraiment dans ce, en étant ultra convaincues, hein, de notre produit et de ce qu'on allait faire, mais on se lançait.

22:44Jade : Et c'est vrai qu'au début, sur le marché, on nous a un petit peu pris pour des, pas pour des folles, mais on s'est dit : « Deux petites jeunes qui, certes, ont fait de la vente, mais ont jamais fait de formation, n'ont jamais accompagné d'exec. » Et là, d'un coup, elles nous sortent un programme Women Sales Club for Executive pour accompagner des dirco à devenir DG.

23:00Jade : Donc c'était comment on arrive finalement à convaincre et à, et à mettre en place un produit qui soit le bon pour ces clientes-là. Non, ça, c'était vraiment, c'était vra- c'était assez compliqué, mais on était hyper convaincues. Et comme on est toutes les deux des anciennes commerciales, là, pour le coup, ça nous a beaucoup servi parce qu'on a mis en place les méthodes.

23:19Jade : Et pour moi, il y a zéro, autre sujet que la mise en place des méthodes.

23:23Steph : Ouais, tu veux élaborer un peu ? Je sais que ça, c'est hyper important pour toi. Qu'est-ce que tu mets derrière ça ? Ça veut dire quoi ?

23:28Jade : Ça veut dire faire tes listes de prospection correctement, ne pas prospecter n'importe, 'fin ne pas prospecter à l'arrache.

23:35Jade : Ça veut dire mettre tout de suite en place un CRM quand tu montes ta boîte, même si tu penses que c'est pas important et que t'es deux, tout de suite mettre en place les bons outils. On parle souvent du processus call, découverte du prospect, négociation, closing. Et ben, c'est suivre tes étapes et être hyper au courant de ce, de ce qui se passe sur le deal.

23:53Jade : Non, c'est vraiment reprendre toutes les méthodes qu'on m'avait apprises depuis toujours, finalement, appliquées à ma propre entreprise. Parce que je pense qu'une des compétences principales quand t'entreprends, c'est de savoir vendre. Ça, je suis hyper convaincue de ça. Surtout, ne pas penser que c'est parce que c'est ton produit et que t'es toi convaincue de ton produit, que l'autre va l'être forcément et faire n'importe quoi dans le processus de vente.

24:15Steph : Ou penser, souvent, on se dit aussi : la vente, ça passe par le talent, la tcha- 'fin cette composante. Et d'ailleurs, on peut en parler sans vouloir faire des débats un peu de bas étage, tu vois. Mais c'est vrai que globalement, cette idée très scolaire, c'est quand même assez féminin d'être scolaire et ça peut nous desservir à plein d'égards, comme tu le vois tous les jours.

24:37Steph : Mais sur la vente, ça peut aussi être une de nos forces parce qu'il y a ce truc de : en fait, il y a une méthode, go, on l'applique, go, on est structuré, go, on suit les deals, on est préparé, etc. sans vouloir voilà, diminuer, vous, messieurs les hommes. Mais évidemment, mais c'est un truc qui est intéressant parce que t'es une des rares personnes à soulever ce point-là.

24:56Steph : Et évidemment, moi, j'ai aussi à cœur, on va en parler, de parler de ce qui se passe dans ta tête, psychologie, ton mindset, les doutes que tu peux avoir. Mais du coup, on oublie souvent de dire : en fait, aussi vendre c'est suivre un process. Souvent, les gens n'ont même pas de process de vente, tu vois.

25:11Steph : Quand en tout cas, nous, on les récupère, ils pensent que c'est un peu genre on a une bonne conversation, on fait la démo et puis après, ah vas-y, je pousse pour signer le deal. Mais en réalité, il y a des espa- y a des étapes, il y a une méthodologie. Et en fait, rien que déjà avoir ce cadre-là, je pense que déjà, ça rassure beaucoup vis-à-vis des craintes qu'on peut avoir, tu vois, sur genre ouah, c'est un truc de tchatcheur, de, d'aura, de commerce et tout.

25:36Steph : Et en plus, en effet, dès le début, en fait, ça te permet d'être aussi un peu structurée sur ben, ta boîte quoi, pas juste tes deals. Donc voilà, je trouve que c'est intéressant de mettre en avant ce, cette partie méthode et process parce que finalement, sur Radio JAB, on n'en parle pas tant que ça alors que quand même, ça fait partie du truc.

25:56Jade : Ouais, pour moi, ça fait même, c'est une grande partie du truc. C'est-à-dire que je suis assez convaincue que la vente, c'est des stats.

26:03Steph : Ah !

26:03Jade : Et c'est des méthodes.

26:04Steph : Ça veut dire quoi, c'est des stats ?

26:05Jade : Déjà, c'est une bonne méthode, une méthode suivie et appliquée. J'en parlais, je, j'suis intervenue il y a pas si longtemps que ça à Skema face aux étudiantes et aux étudiants.

26:15Jade : Et justement, je parlais particulièrement aux jeunes femmes en leur disant que elles avaient un avantage parfois, de ce côté bon élève dans la vente peut servir. Donc je rejoins carrément ce que tu dis. De temps en temps

26:25Steph : Faut quand même se le dire.

26:26Jade : Ouais, ouais, complètement. Et c'est ce que je leur disais.

26:28Jade : Je leur disais : « Ça peut beaucoup vous aider à devenir meilleur, suivre les process. » Après, faut se détacher aussi un petit peu de son script. Et ça, tu le fais avec l'expérience, mais en tout cas, au début, rien de mieux que la méthode. Et pourquoi pour moi, les ventes, c'est des stats ? Parce que à partir du moment où tu fais sans, 'fin, où tu fais sans appel, tu vas avoir X démos, tu vas avoir X closing.

26:50Jade : Ça, c'est scientifique. Quand tu travailles sur ton projet pendant un peu plus d'un an, voire plus, tu connais tes taux de closing et après, tu sais combien tu dois faire d'appels pour décrocher combien de rendez-vous pour closer combien de clients.

27:02Steph : Il y a ce truc un peu de prédictibilité. Et ça rejoint ce que tu disais, ce qui est un point que j'aime bien aussi sur la liberté.

27:07Steph : Souvent, les gens, ils font des raccourcis autour de la vente. Ça te rend libre parce que t'as plein d'argent. Mais en vrai, c'est pas que ça. C'est un peu cette idée de te dire, si, je sais pas, aujourd'hui, on fait du marketing, ah, ça marche plus, les coûts augmentent ou que sais-je. En fait, je sais, c'est vraiment une responsabilité de se dire : moi, je peux être une variable d'ajustement.

27:25Steph : J'ai cette confiance et souvent la liberté et la confiance, ça va quand même bien ensemble. J'ai cette confiance que, en effet, il manque combien ? Dix clients ? OK, si je me fais, je peux aller les chercher. Si je m'y mets, je peux aller les chercher.

27:37Jade : C'est ce que je dis toujours à Johanna. Je lui dis : « En fait moi, je suis hyper confiante dans notre capacité à suivre les méthodes et à les vendre.

27:43Jade : Donc, je, ça peut mal se passer parfois, mais comme tu dis, grâce à cette, à ces prédictions-là, on sait qu'on peut aller chercher des clients. Et d'ailleurs, c'est quelque chose que je vois aussi beaucoup auprès d'amis qui ont des entreprises ou des connaissances. Tout de suite quand l'acquisition baisse, donc le marketing baisse ou que les principes de recommandation ou que leur réseau marche plus très bien à un moment T, ils vont être un peu en panique.

28:08Jade : Ça, c'est quelque chose d'ailleurs que je t'ai partagé quand on a préparé cet épisode. C'est ton réseau, faut pas trop compter sur lui, pour moi, quand tu montes ta boîte. Ça, peu de gens le disent et tout le monde croit que c'est que grâce au réseau que tout arrive. Mais je suis assez convaincue que non, ce n'est pas que grâce au réseau.

28:24Jade : Alors ça aide, mais c'est aussi grâce à ta capacité à vendre ton produit et à tes méthodes de vente que tout arrive.

28:31Steph : Oui, j'aimerais bien qu'on zoome là-dessus parce que ce qui m'a interpellée quand tu me parles de ça, c'est un peu cette idée, on se dit au début que comme on connaît les gens, ils vont nous acheter.

28:39Jade : Ouais.

28:39Steph : Mais en vrai, est-ce que c'est ça qu'on veut vraiment ? Tu vois ? Qu'est-ce que, et pourquoi, du coup, si j'écoute l'épisode, je suis là : « Quoi ? Mais Jade, pourquoi tu dis ça ? Au contraire, mon réseau, on me dit tout le temps que le réseau, c'est la force numéro un, c'est genre mon capital et tout. Pourquoi tu dis ça

28:53Jade : Non, après, c'est pas complètement faux. C'est-à-dire que le réseau t'aide, le réseau t'apporte les bonnes connexions, les bons rendez-vous à certains moments, mais il faut pas compter que sur ça. C'est-à-dire que dans une année, d'ailleurs comme 2026, où le contexte économique est pas hyper favorable, tu peux plus compter que sur ton réseau pour te trouver du business.

29:14Jade : Ça, c'est pas possible. Donc le réseau, c'est du plus pour moi. Par contre, il faut que t'aies une machine bien rodée qui soit hors réseau, qui soit pour moi une machine de vente qui te permette d'aller chercher le chiffre d'affaires que t'as prévu, le chiffre d'affaires que tu as besoin de générer pour que ta boîte fonctionne.

29:28Jade : Et après, le réseau, c'est vraiment, la cerise sur le gâteau si t'arrives à signer des deals grâce à ça.

29:34Steph : Toi, tu me disais que t'as jamais voulu, axer ta stratégie, même au début du Women Sales Club, intentionnellement sur ton réseau ?

29:40Jade : Alors déjà si je dois être hyper honnête, on n'en avait pas des masses.

29:45Jade : Tu vois, moi je viens- Mais c'est

29:46Steph : Ça qui est ouf dans la vente aussi, c'est que tu peux hyper bien réussir sans avoir un réseau...

29:50Jade : Alors ça, ça vient de mon père particulièrement. Il m'a toujours dit : « Tu peux faire ce que tu veux du moment que tu sais t'adapter aussi à tous les interlocuteurs que t'as en face de toi Et d'ailleurs, c'est une grande qualité dans la vente. Et à partir du moment où t'as le mindset et où t'as envie d'y arriver. Donc ça, c'est un trait commun aussi qu'on a avec Johanna de se dire : « On va y arriver, c'est comme ça, c'est le plan, qu'on va tout faire pour aller au bout ». Après, quand on a démarré, c'est vrai que, ben nous, on vient, Johanna vient d'Alsace, moi, je viens de l'Ouest, on n'avait aucun réseau parisien.

30:20Jade : Donc oui, c'est assez facile de dire aujourd'hui, le réseau nous a pas suivi. Bon, on avait, on n'en avait pas non plus énormément. Mais sur le peu qu'on avait, où tu vois des contacts dans des précédentes entreprises où, tout le monde te soutient. Alors, je dis pas que les gens te soutiennent pas, tu vois.

30:33Jade : Quand on a, nous, on communique énormément sur LinkedIn, t'as des likes, t'as des commentaires, mais de là à aller chercher des contrats grâce au réseau, y a quand même une marche. Et d'ailleurs, je reviens à la méthode. Si t'as des rendez-vous, il faut vraiment bien appliquer la méthode et revenir au début de ton process de vente, même avec des contacts réseau et surtout avec des contacts réseau.

30:52Steph : Very important. Et en plus tu mets le doigt sur quelque chose qui est important. Il y a réseau et il y a réseaux sociaux. Et même ça, c'est pas pareil. Et donc j'aimerais bien ton retour terrain parce que souvent, on peut se bercer sur l'illusion que ben, les likes sont des deals quoi. Vous, vous êtes hyper présentes et vous avez aussi cette stratégie commerciale à côté.

31:13Steph : Donc est-ce que, enfin, je sais pas si c'est une vraie question, c'est plutôt un commentaire, mais je trouve que ce que tu dis illustre bien le fait que guys, travailler sa visibilité, c'est important, surtout quand, ben vous, vous avez justement un réseau de femmes, etc. Mais quand on a bossé ensemble, c'était pas du tout, la base de notre stratégie commerciale qu'on a élaborée.

31:32Jade : Non, nous, on a vraiment les deux canaux. Et pour moi y en a pas un au-dessus de l'autre. À la base, y en avait pas un au-dessus de l'autre. Quand on a démarré l'entreprise, c'est vrai qu'on a majoritairement commencé sur LinkedIn, sur les réseaux. Alors oui, on avait notre méthode de vente, mais déjà, fallait trouver les premiers rendez-vous.

31:47Jade : Donc, on avait notre téléphone, mais LinkedIn nous a quand même beaucoup aidées. Ça, c'est Johanna qui, je peux fran, je peux honnêtement lui rendre, enfin lui donner ça. C'est-à-dire que c'est vraiment elle qui m'a dit : « Viens, on se met sur les réseaux, on travaille notre personal branding.

32:00Jade : Maintenant, on en parle beaucoup, mais il y a trois, quatre ans, on en parlait un petit peu moins. On crée du contenu, on se rend visible et honnêtement, ça nous a énormément aidés à lancer la structure. Effectivement, les likes ne sont pas des deals et il faut réussir à se détacher de ça. Au début, c'est pas facile aussi.

32:14Jade : Toi, tu postes, nous, je sais qu'on poste trois fois par semaine. T'as des posts qui fonctionnent, t'en as qui fonctionnent pas. Je le sais, on en a déjà parlé. Et il faut beaucoup te détacher de ça parce que si tu le prends un peu personnellement, donc tu peux vite aussi rentrer dans cette spirale de la chasse, tu vois, aux likes, aux commentaires.

32:31Jade : Et donc, je pense qu'il faut faire hyper attention à ça. Faut le voir vraiment comme un moyen d'acquisition, comme du plus, comme un moyen aussi de partager tes grosses news à tes clients. Mais effectivement, peut-être qu'à un moment, on l'a mis un peu trop au-dessus par rapport, tu vois, aux méthodes de vente classiques.

32:46Jade : Et je trouve que là, pour le coup, depuis un an, on a vraiment une tendance, soixante-dix méthodes de vente, trente plutôt réseau.

32:53Steph : Merci, c'est un bon partage parce qu'on n'a pas toujours en tête et on se dit de l'extérieur : « Ah là là, ça cartonne sur LinkedIn, ça doit être un canal d'acquisition de fou.

33:02Steph : Et en fait, ça peut l'être, mais tu peux pas compter sur le fait que ça va l'être. Non.

33:06Jade : Non, et puis même, tu vois, nous, on a quand même pas mal de leads grâce à notre communication LinkedIn, mais derrière, il faut les, il faut les transformer, ces leads. Et ça, ben, on revient à la méthode.

33:18Steph : Ouais. J'aimerais bien, si ça te va, qu'on zoome un petit peu sur ce que t'as vécu chez JAB, mais plus toi, d'un point de vue peut-être un peu plus intime, un peu moins, voilà, les deals, etc.

33:28Steph : Est-ce qu'il y a eu un impact, sur ta façon de faire du business ou certains aspects de ton mindset, de venir chez JAB ?

33:34Jade : Ouais, je pense que ça m'a beaucoup aidée à un moment où, j'avais des doutes aussi, tu vois, sur des produits qu'on allait, qu'on allait lancer, peut-être aussi sur ma capacité à être bonne sales, parce que c'est pas parce que tu l'as toujours fait que t'as les bonnes méthodes.

33:50Jade : Et puis, tu vois, au début, on était deux avec Johanna, donc t'as personne pour te donner un peu de, une opinion sur ce que tu fais, pour réécouter tes calls, pour t'aider à t'améliorer. Donc moi, ça m'a beaucoup aidée à me remettre un peu dans le jeu, tu vois, à apprendre des nouvelles méthodes, à, j'avais pris des mauvaises habitudes, donc à rediriger aussi.

34:11Jade : Ça m'a permis d'avoir un mindset plus positif en me disant : « Trop bien, tu vois, je, j'ai quand même des victoires. » De voir aussi que, notre entreprise fonctionnait, que la prise de rendez-vous se faisait. Tu vois, ça, ça m'a vraiment redonné, ça m'a vraiment redonné le sourire aussi à un moment où c'était peut-être un peu plus compliqué, tu vois, l'année dernière.

34:30Steph : Ça me fait très plaisir d'entendre ça. Est-ce qu'il y a quelque chose aussi dont peut-être t'auras plus jamais peur maintenant ? Avant, peut-être t'avais un peu peur et hop, c'est réglé.

34:39Jade : Appeler, un C-level du CAC 40 hein.

34:42Steph : Boum, check, drop the mic. Peut-être pour terminer un peu, cet épisode, j'aimerais qu'on parle un peu du coup des femmes, de la vente.

34:51Steph : Encore une fois, pas pour rentrer dans un truc très, très cliché, mais il y a quand même des spécificités. Et donc, est-ce qu'il y a des messages ? Parce que vous, vous avez la chance d'avoir, des milliers de femmes dans votre réseau. Il y a des femmes qui nous écoutent, et qui se disent souvent : « La vente, c'est pas pour moi.

35:06Steph : Moi, je suis pas un cow-boy, je suis pas Loup de Wall Street. » Je pense qu'on essaye à notre échelle d'incarner peut-être autre chose. Savoir, est-ce qu'il y a des choses que t'as envie de dire aux femmes qui nous écoutent ?

35:16Jade : Ce qu'on dit pas assez, c'est que les femmes, elles ont un, elles peuvent développer, comme les hommes, un mindset de top performeur.

35:22Jade : Je pense qu'elles sont, elles peuvent autant être dans cet esprit d'avoir envie de gagner que les hommes. D'ailleurs, on le voit, c'est, on en parlait ensemble, mais il y a une étude de Gong qui est sortie en 2020 aux US qui montre que les équipes sales, quand elles sont paritaires, elles sont en moyenne 25 % plus performantes que les équipes non paritaires.

35:42Jade : Ça prouve bien qu'on peut 'fin qu'en fait une équipe Hyper performante, il faut qu'elle se compose et d'hommes et de femmes et les femmes ont toute leur place dans ce métier-là.

35:51Jade : On l'a dit tout à l'heure. Déjà, je pense que les femmes sont sujettes à respecter certaines méthodes et ça, c'est top. Je pense qu'on a une capacité d'écoute, qui est bonne, qui est même très bonne. C'est d'ailleurs une des compétences principales dans la vente d'écouter son prospect pour comprendre son problème, pour comprendre ses enjeux et pouvoir y répondre.

36:11Jade : Sait assez bien, je trouve, se positionner en experte, ce qui rassure le prospect, ce qui lui donne confiance. Et c'est pas du jeu, c'est aussi souvent qui on est vraiment en tant que femme, donc c'est important de le mettre en avant. Honnêtement, allez-y. Et puis, c'est des métiers où on gagne de l'argent. Et pour s'émanciper aussi, c'est pas mal de gagner de l'argent, d'être autonome aussi en tant que femme.

36:33Steph : Et si je rebondis sur ce que tu dis, c'est vrai qu'on a tendance à cantonner les femmes ou les forces des femmes dans la vente, à l'écoute, à l'empathie et tout.

36:43Steph : Mais tu l'as dit et on le voit tous les jours, il n'y a pas plus combatif ou résilient qu'une femme. Nous aussi, on a envie de gagner, d'être dans la salle. On a envie de gagner de l'argent, gagner de l'autorité, de la crédibilité. Et je pense qu'on ne nous le dit pas assez. Donc merci de porter ces messages avec le Women Sales Club et de les faire s'approprier aussi aux femmes, parce que c'est une chose de le dire et parfois, on le sait un peu à l'intérieur de nous-mêmes, mais ce n'est pas pareil, de savoir et de faire.

37:10Steph : Merci beaucoup, Jade.

37:12Jade : Merci, Steph.

37:13Steph : Si cet épisode t'a parlé et que toi aussi, t'as envie d'appliquer un peu de JAB dans ta life, je te recommande la playlist Sales 101: Comment avoir le mindset JAB ? juste ici.

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Invité

Jade Nourisson

Moments

Les points clés de cet épisode

04:35

Cinq filles sur quarante en master Biz Dev

Première de promo, et des professeurs qui lui conseillent le conseil ou la finance : « la vente, tu pourras la rattraper après ». Le point de départ du Women Sales Club.

04:35

Cinq filles sur quarante en master Biz Dev

Première de promo, et des professeurs qui lui conseillent le conseil ou la finance : « la vente, tu pourras la rattraper après ». Le point de départ du Women Sales Club.

15:45

Le VP sales qui dormait dans sa liste depuis un an

Des centaines d'appels dans sa vie, et celui-là qu'elle n'arrivait pas à passer. Ce qui la débloque en War Room, ce n'est pas une technique, c'est la pièce autour d'elle.

15:45

Le VP sales qui dormait dans sa liste depuis un an

Des centaines d'appels dans sa vie, et celui-là qu'elle n'arrivait pas à passer. Ce qui la débloque en War Room, ce n'est pas une technique, c'est la pièce autour d'elle.

21:34

De cinq mille à trente mille euros de panier moyen

Se faire coacher sur une cible nouvelle plutôt que sur ce qu'elle maîtrisait : cinq à six mois avant les premières victoires, puis des deals de 25 à 30 000 euros en passant des DRH aux patrons du business.

21:34

De cinq mille à trente mille euros de panier moyen

Se faire coacher sur une cible nouvelle plutôt que sur ce qu'elle maîtrisait : cinq à six mois avant les premières victoires, puis des deals de 25 à 30 000 euros en passant des DRH aux patrons du business.

28:08

Ton réseau ne te fera pas vivre

Les gens likent et commentent, mais de là à signer, il y a une marche. L'équilibre du Women Sales Club : 70 % méthodes de vente, 30 % réseau, et aucun contact réseau ne saute une étape du process.

28:08

Ton réseau ne te fera pas vivre

Les gens likent et commentent, mais de là à signer, il y a une marche. L'équilibre du Women Sales Club : 70 % méthodes de vente, 30 % réseau, et aucun contact réseau ne saute une étape du process.

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