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Découverte commerciale : pourquoi tes deals ne se closent pas
Personne n'a un problème de closing. Une affaire mal construite n'est pas closable, c'est tout.

Personne n'a un problème de closing. Un deal mal construiten'est pas closable, et aucune technique de conclusion ne rattrape une découverte molle.
Chez JAB, on travaille l'ordre du process avant les techniques, parce que chaque étape sautée laisse une porte de sortie à ton prospect. Voici pourquoi tes propales restent sans réponse, et ce qui se joue les quarante minutes d'avant.
Pourquoi ta propale reste-t-elle sans réponse alors que le rendez-vous s'est bien passé ?
Parce qu'un deal qui meurt en silence après une proposition n'est presque jamais un problème de conclusion. C'est un problème de construction, et il date d'avant l'envoi.
Tu as présenté une solution à quelqu'un qui n'avait pas encore reconnu, chiffré et assumé le problème qu'elle résout. Tu as proposé un remède avant le diagnostic.
Dans ce cas, le closing n'est pas raté, il est impossible. Il n'y a rien à conclure parce que rien n'a été construit. C'est la raison pour laquelle travailler sa conclusion quand la découverte est faible ne produit jamais rien : tu ajoutes de la pression sur une structure qui ne tient pas, et au mieux tu obtiens un « je vais y réfléchir » un peu plus poli.
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On ne conclut pas ce qu'on ne contrôle pas.
John Danaher, le coach qui a systématisé le jiu jitsu moderne, résume son enseignement ainsi : « I have always taught Jiu Jitsu as the art and science of control that leads to submission. » Il enseigne des hiérarchies de positions où chaque étape augmente ton contrôle et retire une option à l'adversaire. Quand tu arrives au bout, conclure n'est plus une prise de risque, c'est la seule suite logique.
En vente, la même logique s'applique. Tes positions ont des noms : trouver les problèmes, quantifier l'urgence, qualifier, présenter, closer. Dans cet ordre, non pas parce que c'est joli sur un schéma, mais parce que chaque étape retire une option au doute de ton prospect.
Si tu sautes la quantification, il garde l'option « ce n'est pas si grave ». Si tu sautes la qualification, il garde l'option « il faut que j'en parle à quelqu'un ». Si tu sautes la découverte, il garde toutes les options, y compris celle de ne rien te dire pendant six semaines.
Pourquoi n'oses-tu pas poser les questions qui dérangent ?
Parce que tu crois, sans te le formuler, que ton prospect doit t'apprécier pour t'acheter. C'est le besoin d'approbation, le premier des huit freins psychologiques travaillés chez JAB, et le plus bloquant.
La croyance a l'air raisonnable. Elle est ruineuse, parce que si tu y crois, tu agis pour être apprécié, donc tu évites tout ce qui pourrait déplaire. Concrètement, en rendez-vous, ça donne toujours la même série.
Tu ne creuses pas quand la réponse est vague, tu enchaînes.
Tu ne challenges jamais une affirmation, même manifestement fausse.
Tu sur-remercies, tu t'excuses de prendre du temps.
Tu ne demandes ni le budget ni qui décide, parce que ce sont les sujets qui fâchent.
Tu ne pousses pas à la décision, pour ne pas paraître insistant.
Chacun de ces comportements ressemble à de la politesse. Mis bout à bout, ce sont les cinq trous par lesquels ton deal s'échappe. Et remarque bien : à aucun moment il ne t'a manqué une compétence. Tu sais parfaitement qu'il faut demander le budget, tu ne l'as pas fait. Ce n'est pas une compétence qui te manque, c'est un frein qui la neutralise.
Faut-il chercher à être apprécié ou à être respecté par son prospect ?
Respecté, et le recadrage qui débloque le plus vite est celui du médecin. Un médecin qui pose des questions gênantes ne cherche pas ta sympathie, il fait son travail.
Tu ne sors pas de son cabinet en te disant qu'il a posé des questions deplacées. Tu sors en te disant qu'il a été sérieux. Et si un médecin passait à côté d'une maladie grave en te disant « je ne voulais pas vous embêter avec des questions », tu changerais de médecin.
Ton prospect fonctionne exactement pareil. Il ne t'achètera pas parce qu'il t'apprécie, il t'achètera parce qu'il a le sentiment que tu as compris son problème mieux que lui. C'est le point que Lucas martèle en atelier, sur le terrain de la négociation : « vous êtes pas là pour être aimé, vous êtes là pour vous faire respecter »
Quelles questions poser en rendez-vous de découverte ?
Des questions business, pas des questions techniques. Une bonne découverte ne cherche pas des informations, elle cherche à faire dire.
La différence est immense. Si tu poses des questions techniques, tu remplis une fiche : quel outil, combien d'utilisateurs, quel budget annuel. Utile pour ton devis, inutile pour ta position, parce que ton prospect n'a rien reconnu, il a rempli un formulaire à l'oral.
Julien résume les bonnes questions ainsi en atelier : « pourquoi ils font quoi que ce soit ? Qu'est-ce qu'ils essaient d'accomplir ? Et c'est quoi les conséquences d'avoir le problème qu'ils vivent aujourd'hui ? » . Trois familles, dans cet ordre.
Ce qu'il cherche à accomplir. Tu as besoin de la cible avant de parler de l'obstacle. « Vous essayez d'accomplir quoi ? Dans cinq ans, si tout se passe bien, vous êtes où ? »
Ce que le problème lui coûte. C'est là que la valeur naît, pas dans ta présentation. « Ça vous coûte quoi aujourd'hui ? Ça vous prend combien de temps ? Ça vous fait perdre combien d'affaires ? »
Ce que ça changerait. La projection, qui transforme un constat en envie. « Si vous n'aviez pas ces problèmes, qu'est-ce que ça changerait pour vos équipes ? »
Un piège classique, formulé par un participant en fin d'atelier, vaut mieux que n'importe quelle théorie : « en tant que chef d'entreprise, on peut avoir une conception du problème du client qui peut être différente de la sienne. Plutôt que de creuser sur des problématiques que nous on voit chez le client, il faut transformer les questions autour de ses propres frustrations ». Tu ne cherches pas à faire valider ton diagnostic, tu cherches le sien.
Comment progresser quand on sait déjà tout ça ?
Par une question difficile de plus par rendez-vous, pas par une refonte de ta posture. Le besoin d'approbation ne se raisonne pas, il se désensibilise.
Tu peux être totalement convaincu par tout ce que tu viens de lire et faire exactement pareil demain matin. Ce qui marche, c'est l'incrément : celle que tu n'as pas osé poser la dernière fois, préparée à l'avance, écrite, avec l'obligation de la poser une fois.
La semaine suivante, tu en ajoutes une deuxième. Ce qui change n'est pas ton confort, il ne changera pas. Ce qui change, c'est ce que tu es capable de faire malgré l'inconfort.
Par quoi commencer demain ?
Prends ton dernier deal perdu ou silencieux et écris en une phrase le problème que ton prospect avait reconnu, chiffré et daté. Si tu n'y arrives pas, tu viens de trouver ta réponse.
Ensuite, choisis une seule question que tu n'oses pas poser, écris-la mot pour mot, et pose-la à ton prochain rendez-vous. Note ce qui s'est réellement passé, et pas ce que tu craignais.
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