Stéphanie Pfeiffer
S'habiller pour un rendez-vous client : ton armure | Radio JAB #3
Steph et Sarah : pourquoi ta tenue de rendez-vous n'est pas un sujet de mode, mais un sujet d'energie et de confiance.

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« Le moment où je l'ai essayée, cette robe, je me suis dit : ok, c'est bon, j'ai mon armure. » Sarah
Tu prépares ton rendez-vous. Tu connais ton offre, tu as tes questions, tu as relu tes notes. Et le matin même, tu passes dix minutes devant ton placard avec la vague impression que c'est un détail et que tu perds ton temps. Dans cet épisode, Steph et Sarah prennent ce détail au sérieux. Pas pour te donner des règles de style : pour te montrer que ta tenue conditionne ton énergie, et que ton énergie, elle, se voit en rendez-vous.
Ce qu'on aborde dans cet épisode :
Pourquoi un vêtement peut fonctionner comme une armure quand tu prends des non toute la journée
Le rendez-vous commercial où Steph a eu l'impression de rétrécir dans la pièce
La balance entre te ressembler et être prise au sérieux tout de suite
Ce que le dress code dit de la culture d'une boîte, de Nike à JAB
Pourquoi le t-shirt logo taché n'est pas un détail non plus
Ta tenue peut être une armure
Sarah raconte un gala qu'elle a organisé à Paris quand elle avait 23 ans : une énorme salle, un concert, entre 600 et 800 personnes, et elle aux manettes. Elle devait bouger des tables et en même temps tenir son rôle. Elle a choisi une robe qui pesait quelque chose comme quatre kilos, remplie de vraies perles et de paillettes. Sa description est littérale : « si tu me tapais, je sentais rien ».
Ce n'est pas une histoire de robe. C'est une histoire de matériau qui se tient, de vêtement qui te tient droite parce que tu es obligée de le porter, et de force mentale qui vient avec. Steph fait le même constat sur le costume : elle regarde les épaules en premier, elle les veut bien carrées. Épaules solides, tu peux encaisser.
Pourquoi ça compte quand tu vends
Le lien avec la vente arrive vite, parce que c'est le sujet de la maison. Dans une journée de vente, tu prends des non. Tu appelles des gens qui te disent non, tu vois des gens qui te disent non, et c'est la matière première du métier. Avoir des vêtements qui te font la peau dure, c'est une métaphore, mais elle fonctionne : ça t'aide à moins prendre ces non pour toi, et dans l'autre sens ça te donne de la confiance, parce que de l'intérieur tu arrives mieux à rayonner.
Steph raconte l'inverse, et c'est la partie la plus utile de l'épisode. Un de ses tout premiers rendez-vous commerciaux, une robe rose, une fleur dans les cheveux. Elle se prend des rejets, des contestations, et elle n'est juste pas à l'aise. Là où sa tenue aurait pu l'aider à regagner du courage, elle a fait l'effet inverse. Ses mots : « j'avais l'impression dans la pièce que je rétrécissais ». Elle est sortie de ce rendez-vous mal, physiquement mal. Sa conclusion tient en une phrase : ce n'est pas anecdotique, ça influe sur ta confiance commerciale.
Te ressembler ou être prise au sérieux
Le débat de fond de l'épisode est là. Il y a le power outfit, le costume, ce que RuPaul appelle jouer avec la représentation que les gens ont déjà. Steph adore le costume, elle s'y sent powerful. Et en même temps elle pose la question qui gratte : pourquoi tu ne pourrais pas être prise au sérieux en robe rose ? La réponse honnête de l'épisode, c'est qu'il faut choisir sa bataille. Soit tu mets un costume, soit tu te fais bouffer. La robe rose, peut-être que dans cinq ans, peut-être dans cinquante, on te prendra au sérieux avec. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
D'où l'idée de marqueurs plutôt que d'uniforme permanent : tu ne passes pas ta vie en costume, tu le sors quand tu sais que la situation le demande. Et il y a un moment où le rapport s'inverse : une fois qu'on t'écoute déjà, tu peux introduire des éléments et générer du changement. Avant, tu te bats contre le courant sans être entendue.
Les boucles d'oreilles en carambar
La veille d'un entretien qu'elle voulait vraiment, à New York, Steph appelle ses parents. Leur conseil : habille-toi plus classique, mise sur du basique, noir et blanc, t-shirt, jean. Elle décide de suivre. Puis, dans l'ascenseur, elle croise une femme aux cheveux jaunes, pas blonds, jaunes, qui s'arrête au même étage. Elle met les mains dans ses poches et tombe sur ses boucles d'oreilles en carambar. Sa phrase : « je ne peux pas me trahir à ce point-là ». Elle entre dans la salle avec, dix personnes autour de la table, et son futur manager arrête l'entretien avant de commencer pour parler des boucles d'oreilles. Elles font le tour de la table. Elle est persuadée aujourd'hui encore que ce sont elles qui lui ont eu le job.
Le point n'est pas « sois excentrique ». Le point, c'est que sa tenue lui sert aussi de filtre : elle calcule son fit avec une boîte. Si ça ne passe pas, elle n'aurait pas été heureuse là-bas.
Ce que ton dress code dit de ta culture
Steph enchaîne sur le livre de Ben Horowitz, What you do is who you are, qui étudie la culture par des cas extrêmes : le code de conduite des samouraïs, un chef de gang de prison. Sa thèse sur le sujet : le dress code est un ciment de culture.
Sarah répond avec l'histoire de Phil Knight racontée dans Shoe Dog. Quand Nike doit élargir sa gamme aux vêtements, Knight confie la mission à quelqu'un qu'il trouve brillant. La présentation tourne mal, les vêtements sortent d'un sac kraft, l'équipe dirigeante rigole. Peu après, Knight regarde comment tout le monde s'habille dans la boîte, décide que ce n'est pas possible, et impose le costume. Réaction de l'équipe : ils viennent en costumes à carreaux flashy, pour protester. Il les renvoie chez eux. Puis il voit arriver le fameux responsable en chemise de flanelle rose, le ventre à l'air, et comprend que lui, ce n'était même pas une protestation : il n'avait juste pas de style. Le dress code n'a jamais tenu. Ce qu'il a révélé, en revanche, c'est la culture : on est libres, on est des misfits, et si on s'habille mal, tant pis pour toi.
Chez JAB, le dress code est casual. Tout le monde vient habillé comme il veut, mais comme on fait de la vente, on a besoin de choses qui protègent et qui mettent en valeur. Julien s'achète des sneakers de ouf : c'est sa marque de fabrique et son totem. Le principe est assumé : l'individu avant le groupe, pour que l'individu soit bien dans le groupe et le renforce.
Mettre sur toi quelque chose qui a de la valeur
La dernière idée est la plus dure. Quand tu t'habilles, tu mets sur toi quelque chose qui a de la valeur, et ça ajoute à ta valeur. À l'inverse, beaucoup de gens utilisent les vêtements pour se dévaloriser. L'exemple pris dans l'épisode : le t-shirt logo de la boîte, mis tous les jours, taché. Ce que ça raconte, c'est : je ne pense pas que je doive mettre sur moi des choses qui ont de la valeur, ce qui a de la valeur c'est ce qu'il y a dans mon cerveau, et ça je ne l'habille pas.
Même question pour les gens totalement neutres, dix t-shirts blancs, dix t-shirts noirs, aucune touche perso. Steph le dit sans juger et sans prétendre le mesurer : elle se demande si ça ne neutralise pas aussi leur énergie. Parce que la vente est un sport d'équipe, mais pour qu'une équipe gagne tout le temps, il faut que chaque joueur soit excellent. Et l'habillement est un des vecteurs par lesquels tu exprimes ce que tu as d'unique.
Les questions qu'on nous pose
Comment s'habiller pour un rendez-vous client ?
Commence par toi : si la tenue ne te va pas à toi, elle ne passera pas non plus auprès des autres, parce que tu seras mal à l'aise. Ensuite, demande-toi quelle énergie tu veux générer dans ce rendez-vous précis. Si tu sais que tu vas devoir tenir un cadre et encaisser des objections, choisis un vêtement qui te tient. C'est un choix d'énergie, pas un choix de mode.
Faut-il porter un costume pour être pris au sérieux en rendez-vous ?
Pas en permanence, mais comme un marqueur. Le costume joue sur une représentation que les gens ont déjà, et c'est un raccourci qui fonctionne dans certaines situations. Le reste du temps, garde tes éléments perso : ils te servent aussi à mesurer si tu es au bon endroit avec les bonnes personnes.
Est-ce que la tenue a vraiment un impact sur la confiance en rendez-vous ?
Oui, et l'épisode le montre dans les deux sens. Une tenue qui te va te donne de quoi encaisser les non de la journée. Une tenue mal choisie peut te faire rétrécir en pleine conversation, comme dans le rendez-vous que raconte Steph. Ce n'est pas anecdotique : c'est de la gestion d'énergie.
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Ta sales story : fais du prospect le héros, parce que la posture que tu prends en rendez-vous ne s'arrête pas à ta tenue, elle se joue aussi dans la façon dont tu racontes ce que tu fais.
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